VIDÉO. Attentats du 13 novembre : la colère des enfants de la victime du Stade de France

VIDÉO. Attentats du 13 novembre : la colère des enfants de la victime du Stade de France
Les spectateurs sortent du Stade de France où s'est déroulé le match amical France-Allemagne le 13 novembre 2015. Un homme avait été tué par les assaillants à Saint-Denis.

Orange avec AFP, publié le lundi 13 novembre 2017 à 11h25

Dans une tribune publiée par le Huffington Post, Michael Dias dénonce la position du président de la République envers les victimes.

"Aujourd'hui, deux ans après ce 13 novembre qui a changé ma vie, j'ai décidé de refuser l'invitation à me rendre à la cérémonie de demain (lundi, NDLR), et par conséquent de ne pas saluer le président de la République".

Dans une tribune publiée par le Huffington Post dimanche 12 novembre, Michael Dias s'en prend à Emmanuel Macron. Son père, Manuel Dias, fut la première victime des assaillants du 13 novembre 2015, tué aux abords du Stade de France, à Saint-Denis, alors que se jouait le match amical France - Allemagne.

Si Michael Dias a décidé de boycotter la cérémonie d'hommage aux victimes, c'est à cause du comportement du chef de l'État envers les victimes. Selon lui, il "agit envers les victimes du terrorisme comme avec les plus défavorisés de notre pays, d'une façon tout simplement méprisante et inacceptable."

Le jeune homme fustige notamment la suppression du secrétariat d'État chargé de l'aide aux victimes et la réduction des aides à certaines catégories de victimes, "relativisant ainsi une fois de plus la souffrance et les multiples préjudices subis."



"ON EST VRAIMENT COMPLÈTEMENT LAISSÉS POUR COMPTE"

"Le discours de notre président et de son gouvernement envers les victimes, a lui aussi changé, parlant désormais de l'aide aux victimes, comme s'il s'agissait d'un acte de charité, quand celle-ci devrait être vue, au contraire, comme une prise de responsabilité de ces mêmes politiques et de cet exécutif forcément héritier, envers ces vies brisées, du fait de leur propre action (ou inaction)", écrit-il, dénonçant une "banalisation du terrorisme".

Le reste du billet critique plus largement les choix politiques du gouvernement, dénonçant une stigmatisation des plus précaires.

Michael Dias s'est finalement rendu à la cérémonie, mais s'est mis en retrait, refusant de saluer Emmanuel Macron. "Aujourd'hui, on n'a aucun interlocuteur depuis la suppression du Secrétariat d'aide aux victimes par Emmanuel Macron", a-t-il déploré au micro de BFMTV. "La réalité est qu'aujourd'hui le fonds de garantie refuse de répondre à nos avocats (...) et on est vraiment complètement laissés pour compte".



MACRON AVAIT-IL PRÉVU DE SE RENDRE AU STADE DE FRANCE ?

La fille de Manuel Dias est également montée au créneau lundi matin. Sophie Dias se bat pour que l'on n'oublie pas son père, unique victime du Stade de France, et explique que la présence d'Emmanuel Macron à Saint-Denis n'était pas gagnée. "Pour avoir la confirmation de la présence du président Macron sur le site du stade de France, j'ai du faire des pieds et des mains avec la mairie de Saint-Denis, le député de Saint-Denis... sa présence n'était pas prévue sur le site du stade de France... ", déplore auprès de France Bleu Champagne-Ardenne Sophie Dias.



"C'est symbolique, mais c'est plein de petites choses comme ça qui font que 2 ans après, c'est toujours le même combat en fait...". Elle ajoute : "c'est pour ça que pour moi c'est important d'être présente au sein de l'Association du 13 novembre pour, lors de nos multiples échanges avec le gouvernement ou avec les autorités leur faire savoir que c'est pas que le Bataclan".

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