VIDÉO. Attentat dans l'Aude : la compagne de Radouane Lakdim mise en examen pour association de malfaiteurs terroriste

VIDÉO. Attentat dans l'Aude : la compagne de Radouane Lakdim mise en examen pour association de malfaiteurs terroriste
Le parking du Super U de Trèbes (Aude) où a eu lieu l'attaque terroriste le 23 mars 2018.

Orange avec AFP, publié le mardi 27 mars 2018 à 22h18

La sœur de la compagne du terroriste de l'Aude assure que la jeune fille de 18 ans n'était pas au courant des projets de son petit ami. "Je vivais tous les jours avec elle et elle ne tenait aucun propos radicaux", a-t-elle assuré sur BFMTV.

Interpellée vendredi après les attentats dans l'Aude et placée en garde à vue, la compagne de Radouane Lakdim, qui a tué quatre personnes dans trois attaques menée à Carcassonne et Trèbes (Aude), a été mise en examen mardi 27 mars pour "association de malfaiteurs terroriste". Elle a été incarcérée provisoirement dans l'attente d'un débat différé sur son placement en détention qu'elle a sollicité.

Comme son compagnon, Marine P., 18 ans, était fichée "S" (pour "sûreté de l'État") en raison de sa "fréquentation des milieux islamistes radicaux".

Sa sœur assure pourtant que la jeune fille "n'est pas une criminelle". "Ma sœur n'est pas une criminelle (...), elle avait repris l'école, eu son BEP de vente. Elle allait bien" et cherchait un emploi, explique à l'AFP la jeune femme. Au micro de BFMTV, elle raconte avoir vu sa sœur peu après les attaques. "Elle était en pleurs, quand je suis rentrée dans sa chambre, elle m'a regardée et elle m'a dit : 'Je crois que c'est Radouane qui a fait ça. Pourquoi il a fait ça ? Je n'arrive pas à réaliser'. (...) Elle était sous le choc. Elle me dit : 'Je t'assure que je n'étais pas impliquée là-dedans. Je n'étais même pas au courant de ce qu'il allait faire'."



"C'est juste de la manipulation, un lavage de cerveau"

"Sans antécédent judiciaire", la jeune fille, qui "s'est convertie à l'islam à l'âge de 16 ans, présente tous les signes d'une radicalisation", a pourtant déclaré lundi soir le procureur de Paris François Molins. Lors de son interpellation, elle a crié "Allah Akbar (Dieu est grand) et avait posté sur internet, le matin du périple sanglant de son compagnon, une sourate promettant l'enfer aux mécréants, selon François Molins. "Elle avait peur c'est pour ça", justifie sa sœur aînée à l'AFP.

"Je vivais tous les jours avec elle et elle ne tenait aucun propos radicaux. Je connais ma sœur, si j'avais vu un changement je lui aurais dit : 'Qu'est-ce qui t'arrive ?'", soutient-elle sur BFMTV. "Pour moi, Marine, ce n'est pas une criminelle, elle n'a rien à voir avec tout ça. C'est juste de la manipulation, c'est un lavage de cerveau", assure-t-elle, précisant que sa sœur n'avait plus de contact avec Radouane Lakdim depuis "un ou deux mois".

"Pourquoi elle s'est mise avec un mec comme ça ?"

Jeune fille sans histoire, Marine passait ses journées à la maison et ne se "rendait jamais à la mosquée", selon les propos de son aînée rapportées par l'AFP. "Elle faisait la prière le matin, mettait ensuite une sourate sur son compte Facebook", et ensemble, entre deux cigarettes fumées dans leurs chambres, elles "regardai(ent) des films sur Netflix". Quand Marine fait le ramadan, les parents, qui "ne sont pas croyants", selon la fille aînée, "mangent du porc à table". "Et il n'y avait aucun problème", souligne-t-elle, "parce que nos parents nous ont tous laissé choisir".

Marine "avait très peu d'amis... trois ou quatre. Son meilleur ami est homosexuel", ajoute sa soeur, avant de s'interroger : "Pourquoi elle s'est mise avec un mec comme ça ?", évoquant Radouane Lakdim. Leur relation est restée "très discrète" pendant trois ans "parce que seul l'homme avec qui on va se marier vient chez les parents", explique-t-elle.

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