Vesoul : un "gilet jaune" en garde à vue pour avoir menacé un député LREM

Vesoul : un "gilet jaune" en garde à vue pour avoir menacé un député LREM
Christophe Lejeune à l'Assemblée nationale le 27 juin 2017.

, publié le jeudi 03 janvier 2019 à 08h57

Lors d'une rencontre à la préfecture de Haute-Saône, l'homme interpellé avait plusieurs fois crié le mot "guillotine". Il a été placé en garde à vue pour "menaces contre un élu de la nation"

Un homme a été placé en garde à vue mercredi 2 janvier pour avoir prononcé à deux reprises le mot "guillotine" lors d'une discussion houleuse avec un député La République en marche (LREM) à Vesoul (Haute-Saône).

Celui-ci avait alors déposé plainte, a-t-on appris auprès du parquet. L'homme, âgé de 51 ans et habitant une commune du département, a été placé en garde à vue mercredi après-midi pour "menaces contre un élu de la nation", a indiqué à l'AFP le procureur de la République à Vesoul, Emmanuel Dupic. Selon France 3 Bourgogne-Franche-Comté, cet "ouvrier de profession" est "connu pour entraves lors d'actions des gilets jaunes".



Le député Christophe Lejeune s'était rendu, selon son récit, le 20 décembre vers 19H20 à la préfecture de Vesoul pour recevoir une copie des cahiers de doléances mis à disposition dans les mairies. À son arrivée, "il y avait un comité d'accueil d'à peu près une trentaine de 'gilets jaunes' postés devant la porte", a-t-il raconté à l'AFP.

Alors qu'une conversation s'engageait "de manière courtoise" avec une femme, "ça a commencé à crier fort dans le groupe", a-t-il précisé. Au cours de l'échange, qui a été filmé et publié sur le site du quotidien L'Est républicain, un homme a prononcé à deux reprises le mot "guillotine".



Le député de la deuxième circonscription de Haute-Saône a déposé plainte à la gendarmerie de Lure pour "menaces de mort".

Victime d'une "intimidation" à son domicile

"La symbolique est très claire : quand on menace quelqu'un de guillotine, c'est lui couper la tête, c'est une condamnation à mort. Il n'y a aucune ambiguïté", a souligné Christophe Lejeune, qualifiant l'incident de "terriblement choquant".

Il y a quelques semaines, le député avait été l'objet "à son propre domicile d'une intimidation" : des "gilets jaunes" avaient posé des colliers de serrage sur les portes de sa maison pour l'empêcher de sortir, a rappelé le procureur. "Je veux mettre fin à (ces gestes) très éloignés, je crois, d'une manifestation de revendication", a dit Emmanuel Dupic. L'auteur des menaces encourt cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende.

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