Vers un "ticket restaurant étudiant" à 6€60?

Vers un "ticket restaurant étudiant" à 6€60?
(illustration)

, publié le lundi 15 mars 2021 à 15h30

Ce ticket  serait acheté par l'étudiant 3€30 et aurait une valeur double.

Le sénateur centriste Pierre-Antoine Levi a déposé une proposition de loi, cosignée par 79 sénateurs de différents bords, visant à créer un "ticket restaurant étudiant". Cette démarche s'inscrit dans les débats sur les difficultés matérielles des étudiants frappés par la crise sanitaire. Une proposition de loi LR similaire a déjà été déposée en février à l'Assemblée nationale, soutenue par une soixantaine de députés, dont quelques membres de la majorité.

Comme au restaurant universitaire, l'étudiant paierait une partie et l'État complèterait.

Semblable au titre-restaurant des salariés, ce ticket restaurant serait acheté par l'étudiant auprès des Crous au tarif social étudiant (3,30 euros, prix d'un repas complet pour l'étudiant au restaurant universitaire), et aurait une valeur du double (6,60 euros). 

L'étudiant pourrait l'utiliser pour payer un repas dans un restaurant ou pour faire ses courses. Les conditions d'utilisation seraient définies par décret. "L'objectif de ce dispositif social est de permettre aux étudiants de réduire les dépenses alimentaires", indique l'auteur de la proposition de loi dans l'exposé des motifs.

"Bonne intention" de l'exécutif

Depuis le mois de septembre, le gouvernement a pris différentes mesures pour lutter contre la précarité des étudiants, population particulièrement touchée par la crise sanitaire. Il avait par exemple d'abord annoncé que les repas seraient à un euro dans les restaurants universitaires pour les boursiers puis a étendu la mesure à tous les étudiants, pour deux repas par jour.

Pierre-Antoine  Levi salue "une bonne intention", mais relève que "la problématique de l'accès à cette mesure pour de nombreux étudiants demeure", en particulier pour ceux qui sont éloignés des grands campus et des centres-villes. 

La proposition de loi pourrait être examinée par le Sénat, dominée par l'opposition de droite, dans le cadre d'une "niche" parlementaire réservée au groupe centriste, la prochaine étant prévue en juin. Elle a été cosignée par de nombreux sénateurs centristes, dont le président du groupe Hervé Marseille, mais aussi par des élus des groupes Les Républicains, Indépendants, RDSE à majorité radicale et écologiste.
 

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