Vers un reconfinement ? "On n'est pas à une semaine près", concède finalement Jean-François Delfraissy

Vers un reconfinement ? "On n'est pas à une semaine près", concède finalement Jean-François Delfraissy
Jean-François Delfraissy, le 15 septembre 2020 devant la commission d'enquête du Sénat.
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, publié le mardi 26 janvier 2021 à 09h39

Alors qu'il appelait dimanche sur BFMTV à un reconfinement, jugeant qu'on était "dans une semaine un peu critique", le président du Conseil scientifique livre mardi dans les colonnes de Libération un constat un peu moins alarmant. Interrogé par la chaîne d'info, il dément tout revirement.

Se dirige-t-on vers un troisième confinement pour faire face à une épidémie de Covid-19 toujours active et confronté à la nouvelle donne des variants ? "Des décisions seront prises cette semaine (...), il ne s'agit pas de baisser la garde", a assuré lundi 25 janvier le Premier ministre Jean Castex alors qu'un conseil de défense sanitaire est prévu mercredi autour d'Emmanuel Macron.

 




Pour autant, aucune prise de parole du chef de l'Etat cette semaine n'a été confirmée. Selon une source proche de l'exécutif, le président est désireux d'éviter au maximum un nouveau confinement, pourrait se donner plusieurs jours supplémentaires avant de trancher, le temps de mesurer pleinement l'effet du couvre-feu avancé à 18h sur tout le territoire il y a dix jours. 

Un revirement ?

"On n'est pas à une semaine près", concède mardi 26 janvier le président du Conseil scientifique Jean-François Delfraissy dans les colonnes de Libération, qui avait pourtant estimé dimanche sur BFMTV qu'"il faudrait probablement aller vers un confinement"."Il y a urgence", avait jugé le médecin. "Plus on prend une décision rapide, plus elle est efficace et peut être de durée limitée. On est dans une semaine un peu critique", avait-il ajouté. 

"On n'a pas trop mal passé les fêtes mais on est sur un plateau haut qui monte tout doucement. Pour les Français, c'est compliqué à intégrer car on a l'impression d'une certaine forme de stabilité, mais c'est extrêmement trompeur", assure-t-il néanmoins auprès du quotidien, répétant que "l'arrivée des variants change considérablement la donne".


Dans ce contexte, l'immunologue ne "croit pas" que le couvre-feu suffise pour limiter la propagation du virus."On a vu qu'en Angleterre et en Irlande, les mesures intermédiaires de ce type n'ont pas été suffisantes. Les hôpitaux londoniens se sont retrouvés dans une situation extrêmement difficile", rappelle-t-il. Il ne croit pas non plus que l"'auto-isolement des personnes les plus fragiles serait suffisant". 



Interrogé par BFMTV, le spécialiste a démenti tout revirement. "Je n'ai pas changé d'un iota entre dimanche et aujourd'hui", assure-t-il. "La décision doit être prise entre la fin de semaine et le milieu de la semaine prochaine", a-t-il, détaillé, réaffirmant : "On n'est pas à trois jours près, ce n'est pas de l'extrême urgence comme une opération chirurgicale. Cette décision est extrêmement lourde il faut tout peser". 

Le président du Conseil scientifique assure par ailleurs n'avoir "jamais reçu de consignes du gouvernement". "C'est bien mal me connaître", conclut-il.
 

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