Vélib' est devenu un gouffre financier pour Paris

Vélib' est devenu un gouffre financier pour Paris
Une station Vélib' à Paris (illustration). Un rapport d'inspection révèle que le service est devenu un gouffre financier pour la ville de Paris, selon le Parisien du 12 septembre 2016.

Orange avec AFP, publié le mardi 13 septembre 2016 à 18h00

Un rapport d'inspection dénonce le glissement des termes du contrat au bénéfice du gestionnaire du service et au détriment de la municipalité.

"La société JCDecaux assume l'entretien et l'exploitation de Vélib' : cela ne coûte donc pas un centime au contribuable ! Au contraire, notre collectivité percevra une redevance annuelle de 3 millions d'euros", assurait Bertrand Delanoë lors du lancement du service Vélib' en 2007. Aujourd'hui, la situation a bien changé.

En 2013, le service de vélo en libre service a coûté pas moins de 16 millions d'euros à la municipalité, selon un rapport de l'inspection générale de la mairie de Paris, dont Le Parisien publie des extraits lundi 12 septembre.

Comment ce service, fer de lance de la communication de la ville à l'époque, a-t-il pu se transformer en un tel gouffre financier au fil des ans ? Avant tout à cause de l'extension du service à la banlieue, qui est restée à charge de la mairie. Les différentes modifications du contrat, se sont de plus faites au détriment des intérêts de la municipalité. "L'équilibre du contrat, fortement modifié par trois avenants et deux transactions, est aujourd'hui en défaveur de la ville", selon les auteurs du rapport. Ils pointent notamment un manque de transparence des comptes ou des engagements non tenus de la part de la Somupi, la filiale de JCDecaux en charge de Vélib'.

UN CONTRAT "RISQUÉ" POUR LA VILLE

Pire, les auteurs relèvent que la rédaction du contrat "fait courir des risques à la Ville de Paris". "Les conditions de sortie du contrat à son échéance sont lacunaires, ce qui pourrait rendre les négociations délicates avec la Somupi, écrivent-ils. Situation d'autant plus dommageable que c'est la Ville de Paris qui a financé la totalité des investissements (matériels, logiciels) permettant à la société JCDecaux d'améliorer son savoir-faire et de se positionner en leader sur le marché."

Le contrat arrivait à échéance le 28 février 2017. Une occasion de se sortir d'une situation inconfortable ? Elle n'a pourtant pas été saisie par la maire socialiste de Paris Anne Hidalgo, qui a octroyé une rallonge de 10 mois à JCDecaux. Le motif invoqué : un nouvel appel d'offres pour le marché n'aurait pas été prêt. Pourtant, le rapport est sur le bureau de l'édile depuis six mois, assure Le Parisien.

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