Variant indien dans les Landes : faut-il craindre pour le déconfinement ?

Variant indien dans les Landes : faut-il craindre pour le déconfinement ?
(Photo d'illustration)

publié le lundi 07 juin 2021 à 13h54

Alors que le variant indien, désormais appelé variant Delta, du Covid-19, inquiète particulièrement en Nouvelle-Aquitaine, le directeur général de l'Agence régionale de santé locale temporise en expliquant que la stratégie de la France de vacciner en priorité les plus fragiles pourrait jouer en notre faveur. 

A quelques jours de la nouvelle étape du déconfinement, la situation sanitaire dans les Landes inquiète. Trente-et-un cas supplémentaires de variant indien, désormais appelé Delta, y ont été recensés depuis l'annonce mercredi de deux premiers cas dans une famille de ce département et une "vingtaine d'autres" suspects, ont indiqué ce week-end la préfecture et l'Agence régionale de santé. 



"On a aujourd'hui deux cas de variants delta qui ont été séquencés, c'est-à-dire bien identifiés comme variant delta. On a une suspicion de variant delta sur une cinquantaine de patients qui n'ont été que 'criblés' en termes biologiques et qui attendent un séquençage en début de semaine", précise lundi 7 juin sur franceinfo Benoît Elleboode, directeur général de l'ARS Nouvelle-Aquitaine et médecin en santé publique.

"En tout état de cause, il y a une forte probabilité pour que ça soit le variant Delta", reconnaît-il. 

Une situation inquiétante, car ce variant, apparu pour la première fois en Inde en avril, "aurait un taux de contamination supérieur de 40% au taux de contamination du variant dit britannique" et qu'il "se propage plus", souligne le médecin. 

Le gouvernement s'est dit la semaine dernière préoccupé par la hausse de la prévalence du Covid-19 dans le Sud-Ouest, et notamment dans les Landes. Selon l'ARS, la "situation épidémiologique est défavorable" dans ce département qui affiche un taux d'incidence de 95,6 pour 100.000 habitants, "supérieur au taux national" et en augmentation "de 35% en moins de trois semaines". Un plan d'action pour contenir l'épidémie doit prochainement être annoncé, indique lundi M. Elleboode. 

Une stratégie vaccinale plus efficace ?

Alors que ce variant Delta menace les dernières mesures de déconfinement au Royaume-Uni, le médecin temporise. "Les personnes qui sont atteintes sont plutôt des personnes jeunes, qui n'étaient pas vaccinées, qui ne font pas de forme grave, qui ne sont pas à l'hôpital et donc pour l'instant cela n'a pas d'impact sur le tissu hospitalier. Et c'est l'impact sur le tissu hospitalier qui nous fait envisager des mesures contraignantes", explique-t-il. 

Par ailleurs la stratégie de la France de vacciner en priorité les plus fragiles, contrairement au Royaume-Uni qui a décidé de vacciner toute sa population sans priorité, pourrait bien jouer en notre faveur, assure-t-il. "Aujourd'hui, une reprise de l'épidémie en Grande-Bretagne peut toucher des personnes âgées, fragiles, et qui peuvent donc faire des formes graves et saturer les hôpitaux", détaille-t-il, alors qu'en France, avec 80% des plus de 65 ans vaccinés "on peut supporter un taux d'incidence plus élevé que d'autres pays, parce que nos personnes fragiles sont protégées et donc on protège nos hôpitaux d'une saturation liée à des formes graves".

"La question est la question d'équilibre : d'un côté, on a des mesures de déconfinement et des nouveaux variants qui contaminent plus et qui ont tendance à faire augmenter le taux d'incidence. De l'autre côté, on a une vaccination qui protège les personnes fragiles et qui protège les hôpitaux d'une saturation. Si les deux s'équilibrent, il n'y a pas de problème pour continuer les mesures de déconfinement telles que prévues par le gouvernement", estime Benoît Elleboode. Mais "si pour une raison ou une autre il devait y avoir un déséquilibre, là il faudrait revoir les choses", prévient-il. 

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