Variant brésilien : des mesures demandées pour limiter sa propagation en France

Variant brésilien : des mesures demandées pour limiter sa propagation en France
Les papiers d'un voyageur contrôlés à l'aéroport de Paris-Charles de Gaulle, le 5 février 2021, après l'entrée en vigueur de nouvelles restrictions sur les vols internationaux.

publié le mardi 13 avril 2021 à 14h30

Plusieurs scientifiques et membres de l'opposition réclament, sinon la fermeture des liaisons aériennes avec le Brésil, au moins le durcissement des conditions d'entrée sur le sol français, pour éviter la propagation d'un variant jugé plus contagieux et plus mortel. 

S'il ne représente que 1% des cas de contamination en France, selon les derniers chiffres de Santé publique France, mis à jour le 8 avril, le variant brésilien du Covid-19 inquiète. Et cette inquiétude grandit à mesure que la situation s'aggrave au Brésil. Depuis l'émergence en février du variant local, appelé P1, considéré comme plus contagieux et plus mortel, les indicateurs épidémiques n'ont fait que se détériorer dans ce pays, où le coronavirus a tué plus de 66.500 pour le seul mois de mars 2021.



"Le (variant) brésilien, on le sait, est désormais très bien installé en Amérique du Sud (...) mais ça y est, on voit aussi qu'il remonte.

Il y a près de 800 cas en Colombie-Britannique et il arrive aux Etats-Unis, dans le Massachusetts, en Floride... La leçon à en tirer est que ça peut partir très vite, y compris en Europe !", a prévenu lundi 12 avril le professeur Rémi Salomon, représentant des médecins de l'AP-HP, dans Le Parisien. "Au début, cela peut paraître anodin, puis (le variant brésilien) peut monter très vite", renchérit l'épidémiologiste Antoine Flahaut dans les colonnes du quotidien.

Alors pour limiter la propagation de ce variant, plusieurs scientifiques et membres de l'opposition ont réclamé mardi sinon la fermeture des liaisons aériennes avec le Brésil au moins le durcissement des conditions d'entrée sur le sol français. "On ne peut pas plaisanter avec le variant brésilien", a souligné l'infectiologue Gilles Pialoux sur BFMTV-RMC.

Au micro de France Inter, le professeur Rémi Salomon a également estimé qu'il fallait au moins "prendre le maximum de mesures pour limiter son arrivée en Europe". Selon lui, des mesures à l'échelle de la France "n'auraient pas de sens", en raison des circulations importantes des populations à l'intérieur de l'Europe. "La mesure la plus efficace, compte tenu du fait que les tests PCR peuvent être pris à défaut, c'est de faire une quarantaine, un isolement d'une dizaine de jours à l'arrivée des voyageurs", a-t-il estimé. 

De son côté, Damien Abad, président du groupe Les Républicains à l'Assemblée nationale, a réclamé mardi sur RFI"la fermeture des frontières". Elle est selon lui "utile et absolument nécessaire". "Et je ne vois pas comment au moment où on confine les Français, on puisse maintenir cette liaison aérienne", a-t-il ajouté. "Je demande au ministre des Transports de revoir cette position-là, de négocier les choses avec l'Europe et de pouvoir fermer cette liaison", a-t-il poursuivi. 

Le député LR des Alpes-maritimes Eric Ciotti a également appelé sur Twitter à "la fermeture immédiate des frontières" et à "la mise en place d'une quatorzaine obligatoire pour les personnes revenant du Brésil et des zones contaminées", tandis que sa collègue des Hauts-de-Seine Constance Le Grip plaidait pour un "arrêt des vols commerciaux en provenance du Brésil".

"Il faut prendre des mesures de fermeture des frontières ou d'isolement strict des personnes qui viennent des pays où il y a un variant dangereux. (...) Au moins, on pourrait leur dire : 'vous restez 15 jours à l'hôtel', comme ça se fait dans d'autres pays", a indiqué pour sa part Fabien Roussel, secrétaire national du PCF sur Cnews. "Nous sommes favorables à une interruption des vols et à tout le moins, à un renforcement de mesures de contrôle", a indiqué de son côté le député socialiste des Landes Boris Vallaud.

Interrogé sur le sujet, le ministre délégué aux Transports Jean-Baptiste Djebbari a expliqué lundi sur LCI que la France avait "gardé quelques lignes" avec un protocole sanitaire "renforcé". "Nous avions avant la pandémie environ 50.000 personnes qui arrivaient par semaine à (l'aéroport de) Roissy. Aujourd'hui c'est 50 par jour, ils viennent après avoir eu un test PCR négatif, ils font parfois un test antigénique à l'arrivée, ils doivent justifier d'un motif impérieux", a-t-il assuré. 

Le ministre délégué aux Transports a reconnu que le sujet des variants "sera un vrai sujet pour les mois qui viennent", mais justifie le maintien des liaisons aériennes par le respect du droit. "Le Conseil d'État nous a dit que les ressortissants français et les résidents en France, au nom de la liberté de circulation, devaient pouvoir continuer à venir", a-t-il précisé. 

"Cela résume bien, de manière surréaliste, l'impuissance publique française. Le rôle de la politique justement, c'est de transformer le droit lorsqu'il ne répond pas à la nécessaire protection des Français", a dénoncé le numéro 2 des Républicains Guillaume Peltier sur Europe 1.

Interrogé mardi sur la question lors de la réunion de groupe LREM à l'Assemblée nationale, le Premier ministre Jean Castex a indiqué que "des mesures supplémentaires" pourraient être prises. "L'aggravation de la situation au Brésil pourrait nous conduire à prendre des mesures supplémentaires", a assuré le chef du gouvernement aux parlementaires présents, selon des propos rapportés à BFMTV.

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