Var : 187.000 euros d'amende pour avoir fermé son restaurant le 14 juillet

Var : 187.000 euros d'amende pour avoir fermé son restaurant le 14 juillet
Une brasserie de Nantes le 19 juin 2014 (photo d'illustration).

, publié le mercredi 10 août 2016 à 13h18

- La direction d'un centre commercial reproche au gérant d'une brasserie et à une dizaine d'autres commerces d'avoir gardé le rideau baissé le jour de la fête nationale, alors que les autres magasins étaient ouverts. -

Patrick Brun, gérant de la brasserie Le Phœnix, au centre commercial Grand Var Est, situé à la La Valette-du-Var, près de Toulon (Var), voulait tout simplement profiter d'un jour férié et se retrouve aujourd'hui avec une amende de 186.624 euros, révèle le quotidien Var-Matin ce mercredi 10 août.

La direction du centre commercial reproche au gérant de ne pas avoir ouvert sa brasserie le 14 juillet dernier, contrairement à la majorité des commerces du site.

Selon le courrier adressé au restaurateur, la direction du centre commercial indique qu'"en cas de non-respect de l'amplitude horaire mentionnée, une pénalité d'infraction sera facturée mensuellement à l'encontre de l'exploitant mis en cause, sans aucune tolérance". Pour parvenir à un tel montant, la direction a facturé 10 euros hors taxes le mètre carré par tranche de 5 minutes de fermeture...



"NON-RESPECT DU RÈGLEMENT"

Patrick Brun n'est pas le seul dans ce cas, puisque la direction de Grand Var Est a constaté douze fermetures de commerces le 14 juillet, sur les 60 présents sur le site. Un gérant de tabac a par exemple écopé d'une ardoise de 72.576 euros. La direction reproche à ces commerçants "le non-respect des horaires définis par le règlement intérieur", qui "peut engendrer de la part du bailleur des pénalités". "Il a été constaté que malgré ces rappels quelques commerçants n'en tiennent pas compte", assure la direction.

"Nous ne contestons pas le principe de l'amende", a indiqué Patrick Sohier, gérant de la Bodeguita del Cigar. "Mais on ne pensait pas que le règlement pouvait s'appliquer sur une journée complète, on pensait qu'il était fait pour les commerces qui ferment 5 ou 10 minutes avant l'heure". Les pénalités, décidées par le groupement d'intérêt économique qui gère le centre commercial, doivent être réglées d'ici à la fin août, selon le courrier reçu par les commerçants.

Certains commerçants, s'estimant lésés, ont décidé de consulter des avocats pour envisager les suites à donner à l'affaire. Patrick Brun, l'exploitant de la brasserie, a lui-même mis une pétition en ligne, qui a recueilli près de 1.300 signatures de soutien.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.