Valérie Pécresse, en pré-campagne pour 2022, sillonne la France

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Valérie Pécresse, réélue à la tête de la région Ile-de-France, le 2 juillet 2021 à Saint-Ouen, près de Paris
Valérie Pécresse, réélue à la tête de la région Ile-de-France, le 2 juillet 2021 à Saint-Ouen, près de Paris
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© AFP, MARTIN BUREAU

publié le jeudi 19 août 2021 à 11h48

"J'ai une furieuse envie de faire les réformes que depuis dix ans on a mises au placard": partie après Xavier Bertrand dans la course à la présidentielle, Valérie Pécresse n'entend pas se laisser distancer à droite, avec un tour de France qui l'emmenait mercredi et jeudi en Bretagne.

A Plounévez-Lochrist (Finistère) où elle écoute de jeunes agriculteurs, la discussion est sérieuse ce mercredi: installation, normes, intrants... "Dans ma région, j'ai deux millions de ruraux, c'est une région agricole aussi", rappelle la présidente ex-LR de l'Ile-de-France, soucieuse de corriger une image parfois citadine.

Depuis qu'elle a déclaré sa candidature le 22 juillet, Mme Pécresse, 54 ans, sillonne le pays: Issoire, Marseille, Montpellier... avant Saint-Brieuc jeudi et, le 28 août, la rentrée de son mouvement Libres! à Brive-la-Gaillarde, au terme d'une semaine de déplacements tous azimuts.

"Quand on veut porter un projet pour la France, on teste les solutions dans toute la France", affirme-t-elle, en défendant "un projet de remise en ordre du pays" qu'elle veut "extrêmement ambitieux".

Un travail patiemment élaboré par Patrick Stefanini (ancien directeur de campagne de François Fillon) sur le régalien et l'immigration, et alimenté par Frédéric Lemoine (ancien secrétaire général adjoint de l'Elysée sous Jacques Chirac) sur les thèmes économiques, sociaux et environnementaux.

"Il y a un certain nombre de sujets essentiels que je n'entends pas la droite aborder: école, écologie, famille, justice, éducation...  Si on veut que la France retrouve sa fierté, et c'est mon fil rouge, il faut les aborder", explique celle qui a durci son discours sur les thèmes régaliens et fait de la défense des valeurs de la république un mantra. 

A-t-elle pris du retard sur Xavier Bertrand (ex-LR), en course depuis le mois d'avril, et qui multiplie lui aussi les déplacements cet été?

"Il fallait que je sois réélue dans ma région pour pouvoir me projeter sur une ambition nationale", explique l'ancienne ministre, confortablement reconduite lors des régionales fin juin.

- "Pas d'adversaire" -

Selon un sondage Elabe publié début août par Les Echos, M. Bertrand recueille 31% d'opinions positives, contre 26% à Mme Pécresse et 22% à Laurent Wauquiez. Mais les trois sont au coude-à-coude dans l'électorat de droite.

M. Wauquiez n'a pas encore dévoilé ses intentions pour 2022 mais Xavier Bertrand compte se présenter coûte que coûte, sans passer par la case primaire à laquelle ses rivaux accepteraient de se plier, au besoin, en novembre.

Ce qui promet un casse-tête insoluble si tous campent sur leurs positions. 

"Il faut jouer le jeu de la démarche collective qui est de rassemblement", martèle Mme Pécresse, en prenant soin de ménager ses rivaux. "Pour moi, il n'y a pas d'adversaire dans ma famille politique".

Le match n'est pas plié, assure-t-on dans son entourage, "les élus s'interrogent, ils n'ont pas pris leur décision". Mais on s'inquiète aussi du "seuil de tolérance des électeurs de droite" face au feuilleton de la désignation du candidat.

"J'espère qu'ils sauront éviter le schéma d'il y a cinq ans, mais ça n'en prend pas forcément le chemin", soupire Gildas, 65 ans, dans la salle des fêtes de Plouzévédé où 200 sympathisants écoutent la candidate exposer les grands axes de son programme. 

"Valérie Pécresse joue le jeu, alors que Xavier Bertrand ça fait un peu +moi je+. Et puis c'est une femme, c'est un plus", estime Eric, 53 ans.

Une carte dont la candidate, "prête à être la première femme présidente de la République", joue aussi. "J'ai un leadership moins clivant, avec de l'autorité mais aussi la recherche du consensus", assure-t-elle.

Ses déplacements sont aussi l'occasion de rencontrer les élus: elle a déjeuné mercredi sur l'île de Batz avec le président LR du Sénat, Gérard Larcher, qui est un proche, s'est assurée du soutien du président du Finistère Maël de Calan, et rencontrera jeudi le sénateur LR Alain Cadec qui avait reçu fin juillet Xavier Bertrand lors de son propre tour de France.

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