Val d'Oise : après l'agression d'un livreur, l'auteur présumé interpellé à Paris

Val d'Oise : après l'agression d'un livreur, l'auteur présumé interpellé à Paris©Panoramic

publié le mardi 01 juin 2021 à 14h24

La police nationale du Val-d'Oise a ouvert lundi 31 mai une enquête judiciaire d'initiative pour identifier l'auteur de menaces et d'injures racistes, en lien avec l'agression d'un livreur de repas. Selon Le Parisien et BFM TV, l'auteur présumé des faits aurait été interpellé à Paris, mardi 1er juin. 

La vidéo a fait le buzz, dimanche 30 mai.

En bas d'un immeuble de Cergy (Val-d'Oise) devant un restaurant, une femme filme un jeune homme qui viendrait d'agresser un livreur. "Il l'a traité d'esclave et l'a fait saigner... Voilà son sang par terre", raconte-t-elle sur la vidéo, depuis sa fenêtre. Auparavant, l'homme, avec une capuche sur la tête puis à visage découvert, aurait lancé au livreur : "Je suis Algérien, je te nique ta mère". Ce mardi 1er juin, BFM TV et Le Parisien rapportent que l'auteur présumé des faits a été interpellé à Paris. Ce dernier, intérimaire et âgé d'une vingtaine d'années, semble vivre entre Paris, Argenteuil et Herblay. Il ne travaillerait pas pour le restaurant en question. 


L'agresseur s'en serait également pris à la femme qui le filmait en l'insultant. "Espèce de négresse, de sale noire, tu pues la pisse. Pendant 800 ans, on vous a vendu comme du bétail !" Le Parisien rapporte que l'homme souhaitait prendre à manger avant de rentrer chez lui, à l'hôtel situé à deux pas. L'établissement a refusé de le servir à cause du couvre-feu. Il a ensuite pris à partie un livreur devant les lieux qui, à son goût, avait mis sa musique trop forte. C'est à ce moment-là que les coups et les insultes ont débuté.

Les réactions indignées n'ont pas tardé. Le 31 mai au matin, la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme) a réagi : "Notre commission juridique étudie sans attendre les éléments du dossier et agira en conséquence".

La police du Val-d'Oise a indiqué sur Twitter : "Suite aux menaces et injures proférées hier soir à Cergy, repris sur un certain nombre de réseaux sociaux, nous ouvrons une enquête judiciaire d'initiative pour identifier l'auteur et établir les faits". Sur le même réseau social, le syndicat indépendant des commissaires de police a écrit que "la haine de cet individu n'a pas sa place en République" et que "le racisme gangrène la nation".

De son côté, la ministre déléguée au ministère de l'Intérieur, Marlène Schiappa, a "demandé que l'on étudie la possibilité d'un article 40 pour signaler les faits au Procureur de la République. Le racisme n'est pas une opinion !", a-t-elle indiqué.

De plus en plus d'agressions

Sur Facebook, le restaurant Brasco, devant lequel semble s'être déroulée la scène, a assuré qu'il n'avait "aucun livreur en direct et passe par des plateformes" et qu'il va "porter plainte dans la matinée afin de faire en sorte que cela ne se reproduise plus. Nous sommes choqués et condamnons fermement ce genre de propos."

Les agressions de livreurs se multiplient. Samedi 29 mai, un livreur de pizzas est tombé dans un guet-apens dans le Xe arrondissement de Paris. Il a été mis à terre et roué de coups par une demi-douzaine de jeunes de 17-18 ans. "C'était bien prémédité, car ce sont eux qui ont passé commande et ils m'ont rappelé pour savoir où j'en étais", a par la suite raconté au micro de BFMTV/RMC Cheikh, livreur de pizzas de 23 ans. "On subit tous parfois des intimidations, mais là, c'est allé trop loin". Le 14 mai à Laval (Mayenne), un livreur Uber Eats a été victime de racisme de la part d'une cliente qui avait passé une commande. "Dépêche-toi esclave", a-t-il notamment reçu en message.
 

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