Vague de froid : pas d'impact sur la grippe, mais "des milliers de morts" à craindre

Vague de froid : pas d'impact sur la grippe, mais "des milliers de morts" à craindre
Des "milliers de morts" sont à craindre, alerte le professeur San Marco, le 17 janviers 2017, alors que la France est touchée par une vague de froid. (Photo d'illustration)

, publié le mardi 17 janvier 2017 à 09h45

La France est prise dans une étreinte glacée qui, si elle ne va pas avoir d'impact sur l'épidémie de grippe qui touche le pays, laisse craindre des "milliers de morts", estiment des médecins, cités mardi 17 janvier par Le Parisien.

"Les conséquences du froid associées à celles de la grippe peuvent être catastrophique en termes sanitaires", prévient le professeur de médecine à l'université d'Aix-Marseille et ancien président de l'Institut de prévention et d'éducation pour la santé, Jean-Louis San Marco. Pourtant, certains espéraient que le froid allait justement mettre un coup d'arrêt à l'épidémie en réduisant la virulence du virus.

Ce ne sera pas le cas, selon le professeur, qui rappelle que le "froid contribue à affaiblir nos défenses immunitaires", faisant de nous des cibles plus faciles. Confirmation du côté de l'institut Pasteur : "le virus devient plus résistant et se conserve mieux", explique la responsable adjointe, Sylvie Behilli, qui tempère toutefois. "Cela ne veut pas dire que l'épidémie va flamber."



Mais ce n'est pas la grippe qui inquiète les personnels de santé. C'est bien la chute des températures elle-même. "Le froid fait moins peur que la canicule alors qu'il est très agressif et très dangereux pour nos organismes. L'homme est un animal tropical dont le corps est mieux adapté à résister aux coups de chaud qu'au coups de froid", déclare Jean-Louis San Marco. D'autant plus que la part de la population concernée est plus large. Lors d'une vague de froid, il faut rajouter aux populations à risques (personnes âgées, nourrissons, malades...) les catégories sociales les plus pauvres qui ont des difficultés à se chauffer.

UNE "SURMORTALITÉ INVISIBLE"

"Tous les ans, la France subit d'ailleurs une surmortalité hivernale invisible", révèle M. San Marco. Si l'épisode caniculaire d'août 2003 a certes provoqué 15.000 morts de plus, le professeur rappelle que cette surmortalité est équivalente à celle d'un mois de février rigoureux. "Les grands froids de 2009 et 2012 ont d'ailleurs entraîné des milliers de morts sans que l'on en parle", selon lui. "Sur une année, si l'on compare les quatre mois froids aux huit mois chauds, on note en France 13% de surmortalité en hiver. Soit environ 15.000 morts de plus un mois d'hiver qu'un mois d'été", avance Jean-Louis San Marco.

Mais cet état de fait n'est pas inéluctable, selon le professeur, qui explique que les pays habitués au froid s'en sortent très bien. "Si la température extérieure baisse de seulement un degré, il y a sept fois plus de morts en Grèce qu'en Finlande. Et au Portugal, on constate 28% de surmortalité hivernale alors qu'à Toronto, au Canada, il n'y en a pratiquement pas", rappelle-t-il.

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