Vague de froid : les Français incités à réduire leur consommation d'électricité

Vague de froid : les Français incités à réduire leur consommation d'électricité
Le village de Venaco en Haute-Corse, le 15 janvier 2017.

publié le mardi 17 janvier 2017 à 08h45

Vague de froid, réacteurs nucléaires à l'arrêt... Pour éviter une rupture d'approvisionnement, les Français pourraient être encouragés à modérer leur consommation en heures de pointe (8h-13h/18h-20h) dès ce mardi 17 janvier.

Aucune coupure n'est cependant programmée "à ce stade".

Une vague de froid est attendue à partir de cette nuit sur la quasi-totalité de la France. Sous l'influence d'un air froid venu du nord-est de l'Europe, les températures devraient plonger pour atteindre des niveaux inférieurs de "quatre à huit degrés" aux normales saisonnières, en particulier à partir de ce mardi. Le thermomètre devrait tomber à -11°C à Mulhouse, -9°C dans le Massif central et à Strasbourg, -6°C à Toulouse et -4°C à Marseille.



"Les marges disponibles pour répondre aux besoins en électricité - à partir de mardi et jusqu'à vendredi (prochains) - seront réduites", a alerté dès vendredi le gestionnaire du réseau de transport de courant RTE. Cette tension s'explique par une consommation de courant attendue en hausse pour alimenter les chauffages à cause du froid et un parc de production diminué, avec plusieurs réacteurs à l'arrêt pour des contrôles de sûreté ou d'autres motifs. RTE avait anticipé dès le mois de novembre que la France courait ce risque.

"Les moyens de production et les importations disponibles pour la journée de mardi permettront de faire face aux besoins électriques de la France sans avoir à recourir aux solutions exceptionnelles", a déclaré un porte-parole de RTE lors d'une conférence téléphonique. Mercredi en revanche, qui s'annonce comme la journée la plus froide de la semaine avec des températures inférieures de 6,4°C aux normales, RTE prévoit une consommation comprise entre 93.000 et 95.000 MW, qui pourra évoluer selon le ressenti du froid, accentué par la présence du vent.

"Dans ces conditions, RTE pourrait être amené à utiliser une partie des solutions graduelles exceptionnelles anticipées pour assurer l'alimentation électrique", a indiqué le porte-parole.

DES "GESTES SIMPLES"

Le gestionnaire du réseau va dans un premier temps en appeler à une mobilisation des Français. Une alerte devrait être diffusée, via les médias et les réseaux sociaux, la veille pour le lendemain, encourageant les Français à réduire leur consommation pendant les heures de pointe, entre 8h et 13h puis entre 18h et 20h. Éteindre la lumière dans les pièces vides, baisser la température d'un ou deux degrés dans le logement : ces "gestes simples" permettraient d'"avoir au minimum 2.000 à 3.000 MW de consommation d'électricité réduite", a assuré le porte-parole de RTE, soit l'équivalent de deux à trois réacteurs nucléaires. "Plus la mobilisation est importante (...) et moins nous aurons à utiliser les solutions suivantes", a-t-il ajouté.


En novembre, en alertant pour la première fois sur les risques pour l'approvisionnement en électricité cet hiver en cas de grand froid, RTE a hiérarchisé les "mesures exceptionnelles" à sa disposition. Une prochaine étape consisterait à demander à 21 sites industriels volontaires d'arrêter leur activité, le temps de passer une pointe. Ils représentent une capacité d'environ 1.500 MW d'économie. Si cela ne suffit pas, le gestionnaire pourrait réduire la tension sur le réseau de 5%, sans interrompre l'alimentation en électricité. Cela se traduirait par exemple par une moindre intensité de la lumière. En dernier recours, il n'exclurait pas des coupures momentanées, une piste écartée pour l'instant. "L'usage d'une partie seulement de ces solutions exceptionnelles devrait suffire", assure son porte-parole.

UN ÉQUILIBRE DÉLICAT

La sécurité de l'approvisionnement électrique, qui repose sur un équilibre permanent entre consommation et production, est en effet un calcul de précision. RTE anticipe une hausse de la consommation de courant pour le chauffage, avec une pointe estimée à 93.400 mégawatts (MW) mardi et qui pourrait atteindre 100.000 MW mercredi et jeudi, soit pas très loin du record historique de février 2012 (102.000 MW). En face, il table sur une capacité de production moyenne de 85.000 MW, sur un parc de production total de plus de 129.000 MW, à laquelle s'ajoutera une capacité d'importation de courant, venu des pays voisins, de 5.000 MW.


Cinq réacteurs seront en effet à l'arrêt la semaine prochaine, représentant une perte de capacité d'environ 5.500 MW. Il y aurait pu en avoir plus mais l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a autorisé jeudi soir EDF à reporter de deux semaines l'arrêt d'un réacteur de la centrale du Tricastin, sur lequel elle doit faire des contrôles.

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