Vaccins : quelle est la position des écologistes d'EELV ?

Vaccins : quelle est la position des écologistes d'EELV ?
Michèle Rivasi et Yannick Jadot, les deux têtes de listes d'Europe Écologie-Les Verts (EELV) aux européennes.

, publié le mardi 12 mars 2019 à 15h16

Alors que l'eurodéputée Michèle Rivasi, numéro 2 sur la liste d'Europe Écologie-Les Verts (EELV) aux européennes, multiplie depuis des années les déclarations ambiguës sur la vaccination, le tête de liste Yannick Jadot assure que son parti "est pour les vaccins". Mais il s'interroge sur "les liens entre l'État et les laboratoires pharmaceutiques".

La députée européenne Michèle Rivasi est une opposante de longue date à la vaccination imposée.

En 2015, elle écrivait sur son blog que "les vaccins créent plus de problème qu'ils n'en résolvent". En juillet 2017, elle avait lancé une pétition contre la décision du gouvernement de rendre obligatoires 11 vaccins infantiles. La même année, elle avait invité à Bruxelles le Britannique Andrew Wakefield, auteur, en 1998, d'une étude truquée établissant un lien entre la vaccination ROR contre la rougeole, la rubéole et les oreillons, et la survenue de l'autisme chez les enfants en bas âge. L'étude a dopé la défiance du grand public face aux vaccins, même si tous les travaux postérieurs ont démontré l'absence de lien entre vaccin et autisme. "Si c'était à refaire, je ne le referais pas", reconnaît-elle aujourd'hui dans Le Figaro




"Je suis pour la vaccination. Je suis vaccinée et mes enfants aussi", assure-t-elle au quotidien. "La science est liée à la transparence. Ce pour quoi je me bats, c'est la traçabilité de tout ce qui entre dans la composition des médicaments, exactement comme pour l'alimentation", explique-t-elle. "Or, aujourd'hui, ce n'est pas le cas", estime-t-elle dans Le Figaro

Doute sur des "collusions d'intérêts" 

Interrogé sur la position controversée de sa co-tête de liste aux européennes, mardi 12 mars sur RTL, Yannick Jadot regrette "le procès qui est fait à Michèle Rivasi". Comme elle, il assure que l'eurodéputée "est vaccinée. Ses enfants sont vaccinés, comme je suis vacciné, mes enfants sont vaccinés". Mais il soulève le "problème" du "consentement à la vaccination". Et de citer l'affaire de la campagne de vaccination contre la grippe H1N1, en 2009-2010 : "les centaines de millions d'euros qui ont été perdus, les millions de vaccins qui ont été détruits... On a eu une réduction extraordinaire du consentement à la vaccination", rappelle le chef de file d'EELV, "et c'est extrêmement dangereux". 



Yannick Jadot se refuse à condamner les propos polémiques tenus par le passé par la numéro 2 de sa liste. "On a le sentiment que les décisions (des) autorités publiques qui sont prises sur les vaccins ne sont pas 100% prises pour l'intérêt général, pour la santé publique, mais sont également prises pour favoriser des labos pharmaceutiques", dénonce-t-il. Évoquant "des collusions d'intérêts entre la décision publique et les grands labos pharmaceutiques", il explique que "le travail que fait Michèle Rivasi, c'est d'imposer la transparence (aux) labos pharmaceutiques".

Cri d'alarme de l'OMS et de l'Unicef 

"Pourquoi les gens doutent des vaccins ?", interroge Yannick Jadot. Parce que les récents scandales sanitaires "posent la question de la place des lobbies pharmaceutiques dans la décision". Et de citer l'affaire du Mediator. "On est pour les vaccins, assure-t-il, on veut simplement garantir que les vaccins qui sont donnés, dans leur composition, n'ont pas d'adjuvants dangereux". "Nous voulons que l'Agence du médicament garantisse qu'il n'y a pas de conflits d'intérêts", demande-t-il. "Parce que nous défendons la santé publique et la vaccination, nous voulons qu'il n'y ait pas le moindre doute (...) sur les liens entre l'État et les labos pharmaceutiques", explique-t-il à RTL

La défiance des citoyens à l'égard de la vaccination a fait réapparaître ou se propager des maladies qu'on croyait presque disparues, comme le tétanos aux États-Unis, ou la rougeole, en France notamment. Début mars, l'Unicef a lancé un cri d'alarme devant la recrudescence de la rougeole dans le monde. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le nombre de cas de rougeole dans le monde a bondi d'environ 50% entre 2017 et 2018 (136.000 morts). Le mois dernier, l'OMS a classé "l'hésitation à l'égard du vaccin" parmi les 10 principales menaces pour la santé mondiale les plus pressantes en 2019. 

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