Vaccins obligatoires pour les enfants: fini le débat, place aux piqûres

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 Un médecin administre un vaccin à un bébé à Quimper, dans l'ouest de la France, le 31 octobre 2017

Un médecin administre un vaccin à un bébé à Quimper, dans l'ouest de la France, le 31 octobre 2017

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© AFP, FRED TANNEAU
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AFP, publié le jeudi 28 décembre 2017 à 14h54

Quel sujet plus sensible que la santé des enfants? Après un vif débat de plusieurs mois, le passage de trois à onze vaccins obligatoires prendra effet lundi et le gouvernement espère qu'il permettra de restaurer la confiance dans la vaccination.

- Qui, quand, pourquoi -

Portée par la ministre de la Santé Agnès Buzyn et adoptée fin octobre par l'Assemblée nationale, la mesure concerne les enfants nés à partir du 1er janvier 2018.

Huit vaccins auparavant recommandés deviennent obligatoires: coqueluche, rougeole-oreillons-rubéole (ROR), hépatite B, bactérie Haemophilus influenzae, pneumocoque, méningocoque C. Trois l'étaient déjà: diphtérie depuis 1938, tétanos depuis 1940 et poliomyélite depuis 1964, groupés sous l'appellation "DTP".

Ces onze vaccins seront indispensables à l'enfant pour être admis en collectivité (crèche, école...). Pour laisser un temps d'adaptation, les premières vérifications n'auront lieu qu'à partir du 1er juin.

- Camps irréconciliables -

Pour ou contre, les positions sont tranchées.

L'argument premier des autorités de santé est la baisse du taux de couverture vaccinale et la réapparition de certaines maladies.

"Il y a eu vingt décès de la rougeole depuis 2008. C'est important d'augmenter la couverture vaccinale pour que ces drames, si facilement évitables, ne surviennent plus en France", a estimé Daniel Lévy-Bruhl, de l'agence Santé Publique France, lors d'une conférence de presse à l'université Paris-Descartes le 22 décembre.

Plusieurs scientifiques de renom, dont Françoise Barré-Sinoussi, prix Nobel de médecine 2008, y ont battu le rappel en faveur des vaccins car la défiance grandit. 41% des Français interrogés pour une étude internationale de 2016 estiment que les vaccins ne sont pas sûrs, un record mondial. Selon des résultats du Baromètre Santé publié en octobre, les Français sont favorables à 75% à la vaccination. Mais cette proportion dépassait 90% au début des années 2000.

Les anti-vaccins les jugent dangereux (notamment en raison de leurs adjuvants, particulièrement l'aluminium) et se méfient des laboratoires, accusés de privilégier la rentabilité à la santé des enfants.

Pour les collectifs Vaccins-Liberté et Ensemble pour une vaccination libre (EPVL), l'augmentation du nombre de vaccins obligatoires est "un viol de la démocratie" et un "acte d'autorité sur les corps".

"La vaccination des nourrissons est sûre, efficace et nécessaire", réplique l'immunologue Alain Fischer, responsable d'un rapport de recommandations en 2016.

- Quels changements en pratique? - 

La réforme ne change pas grand-chose pour la plupart des enfants, insiste le gouvernement. Les onze vaccins représentent dix injections sur 2 ans. Or, selon le ministère, 70% des enfants les reçoivent déjà (et 80% en ont plus de huit).

La distinction vaccins obligatoires/recommandés était devenue largement théorique puisque le DTP n'est plus commercialisé seul: depuis 2008, les laboratoires l'associent à d'autres sous forme de vaccins polyvalents.

Le principe de l'obligation heurte cependant certains parents qui ne sont pas pour autant de farouches anti-vaccins.

"Cette obligation est le signe d'un échec de politique de santé publique: elle a échoué à convaincre (de la nécessité des vaccins sans passer par la contrainte, ndlr). Mais c'est la condition nécessaire pour avancer", analyse Frédéric Bizard, économiste spécialisé dans la santé.

Les vaccins obligatoires seront pris en charge à 65% par l'Assurance maladie, sauf le ROR, pris en charge à 100% pour les mineurs. Surcoût pour la Sécu: environ 12 millions d'euros, selon le ministère.

- Sanctions -

Le défaut de vaccination n'est plus punissable en tant que tel: les dispositions spécifiques du Code de la santé publique, qui prévoyaient jusqu'à six mois de prison et 3.750 euros d'amende, sont abrogées.

Il existe un principe plus général d'obligation de protection des enfants. Théoriquement, les sanctions vont jusqu'à 2 ans d'emprisonnement et 30.000 euros d'amende, mais le gouvernement assure ne pas vouloir axer sa politique sur la répression.

Côté médecins, les réfractaires à la vaccination risquent des "sanctions pénales pour faux et usage de faux" s'ils falsifient des certificats, selon l'Ordre des médecins.

Ils s'exposent aussi à une radiation: le 22 décembre, le Conseil d'Etat a confirmé celle d'un généraliste qui n'avait pas injecté à un enfant les vaccins obligatoires et avait inscrit "des mentions mensongères" sur son carnet de santé.

 
72 commentaires - Vaccins obligatoires pour les enfants: fini le débat, place aux piqûres
  • Apparitions de certaines maladies ??Et avec l'arrivée des migrants, quel est impact sur ces maladies ??
    Ne devrait-on pas les vacciner eux au lieu de d'intoxiquer des nourrissons?

  • inquiétant ce lobby anti vaccins qui squatte les forums ; j'espère que les parents qui refusent la vaccination pour leurs enfants,auront l'honnêteté d'assumer le jour où celui ci sera malade ; qu'il y ait quelques accidents dûs aux vaccins,c'est sans doute indéniable,mais hors de proportion avec les centaines de millions de gens que la vaccination a sauvé ; il serait sans doute temps de le redire.

    ...Place aux piqures ?...ou Place a la Plainte.

    Plainte collective au Pénal le dossier est disponible auprès de EPVL
    (Ensemble pour une vaccination Libre)
    " Après deux semaines de recherches et d’analyses d’une importante compilation d’informations, l’équipe de juristes dirigée par Maître Serge Lewisch du barreau de Paris 132, bd du Montparnasse 75014 Paris France, et de spécialistes des questions de santé nous propose de déposer près du Procureur de la République de Paris une plainte contre X ....."SIC EPVL

    Sans oublier l ' Injonction du Conseil d 'Etat du 9 aout 2017 qui enjoint la Ministre
    de la santé a mettre sur le marché le D.T. polio seul , et doit être exécutée !

  • Débats à l'assemblée nationale certes mais le peuple, les parents ont ils eu leur mot à dire? tout ça me parait abusif dans la méthode

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    Taigalune  (privé) -

    Entièrement d'accord.

    surtout qu'il n'y avait que très peu de députés dans cette assemblée ce jour là, et ceux qui y étaient, représentaient de purs godillots..
    cette affaire d'obligation est scandaleuse.

  • Mon frère habite en Suisse depuis 30 ans. Là-bas, seulement 2 vaccins (polio + diphtérie) sont obligatoires dans 4 cantons sur 24. Les mesures sanitaires sont extrêmement logiques : quand survient un cas de coqueluche, par exemple, on vaccine tout l'entourage de l'enfant atteint (les autres enfants de l'école ou de la crèche), point barre.
    Les vaccins sont administrés au cas par cas et non pas en masse comme aux USA (et bientôt en France ?)
    Détail croustillant : la Suisse est le paradis des banques, du chocolat, de l'horlogerie et... des labos pharmaceutiques. Pourtant, on n'exerce aucune pression vaccinale sur les Helvètes, lesquels sont plutôt en bonne santé. Etonnant, non ?

  • A quand, un "vaccin de raison", pour notre société /start-up , qui détruit tout simplement actuellement sa maison vitale, à savoir la planète terre... et qui prône pourtant , oblige même un bébé de 2 mois à 11 vaccins obligatoires...? Ou est la moralité dans tout ça... ?

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