Vaccins obligatoires et recommandés, confiance des Français : 5 questions sur un sujet qui fait débat

Vaccins obligatoires et recommandés, confiance des Français : 5 questions sur un sujet qui fait débat©Ludovic Marin / AFP

publié le mercredi 11 novembre 2020 à 07h00

REPERES. L'obligation vaccinale pour la grippe (pour certaines populations comme les soignants), ou concernant le futur vaccin contre le Covid-19 font débat.

Dans l'Hexagone, 11 vaccins sont actuellement obligatoires. 

1. Quels vaccins sont obligatoires pour tous ? 


Trois vaccins sont obligatoires pour tous : contre la diphtérie (depuis 1938), le tétanos (depuis 1940) et la poliomyélite (depuis 1964). On parle du "DTP", qui fait l'objet de trois injections groupées avant l'âge de 18 mois. 

"La vaccination contre la tuberculose, la DTP, l'hépatite B, la typhoïde est obligatoire dans les milieux professionnels où les travailleurs peuvent être exposés à certains microbes. Par exemple, le secteur médico-social", est-il précisé sur le site service-public.fr. 

Pour les résidents de Guyane, le vaccin contre la fièvre jaune est obligatoire à partir de 1 an.

2. Et pour les enfants ? 

Huit autres vaccins, auparavant recommandés, sont obligatoires pour les enfants nés depuis le 1er janvier 2018 : rougeole, coqueluche, oreillons, rubéole, hépatite B, bactérie Haemophilus influenzae, pneumocoque et méningocoque C. 

3. Quels sont les vaccins recommandés ? 

Le BCG, contre la tuberculose, n'est plus obligatoire depuis 2007. Mais le ministère de la Santé recommande à tous d'être vaccinés contre la tuberculose, la coqueluche, la rubéole, la rougeole, et les oreillons, la varicelle, la grippe, l'hépatite B, le zona, les infections invasives à haemophilus influenzae de type B, à pneumocoque, à méningocoque C et les infections à papillomavirus humains (HPV). Le vaccin contre le HPV, virus sexuellement transmissible responsable du cancer du col de l'utérus, est particulièrement recommandé pour toutes les jeunes filles entre 11 et 14 ans. 

4. Et le vaccin contre la grippe ? 

Il est recommandé pour les populations à risque : personnes âgées de 65 ans et plus ; personnes (adultes et enfants) souffrant de pathologies chroniques (insuffisance respiratoire, insuffisance cardiaque, diabète, insuffisance rénale, asthme, bronchopneumopathie obstructive...) ; personnes obèses avec un indice de masse corporelle égal ou supérieur à 40 kg/m2 ; femmes enceintes ; entourage des nourrissons de moins de 6 mois à risque de grippe grave et des personnes immuno déprimées. 

Cette année, la HAS recommande tout particulièrement à ces populations, également à risque d'infection grave au Covid-19, de se faire vacciner. 

Les autorités recommandent aussi la vaccination aux professionnels de santé. 

5. Les Français font-ils confiance aux vaccins ? 

Oui, mais ils sont les plus sceptiques au monde envers les vaccins. Dans la patrie du pionnier de la vaccination Louis Pasteur, une personne sur trois ne croit pas qu'ils soient sûrs, selon une enquête mondiale publiée en juin 2019. 

Les habitants des pays riches font le moins confiance aux vaccins, particulièrement en Europe. Un phénomène à mettre en parallèle avec le développement du sentiment anti-vaccins, considéré comme l'un des facteurs du retour de la rougeole dans des pays développés.

En France, les sels d'aluminium utilisés depuis les années 1920 dans les vaccins pour déclencher une meilleure réponse immunitaire, sont accusés, en particulier par l'association E3M, de provoquer des maladies chez certains. La défiance croissante des parents entraîne une baisse de la couverture vaccinale (à savoir le pourcentage des vaccinés dans la population générale) et permet à certaines maladies de réapparaître. 

Toutefois, selon un sondage de juillet 2018, la confiance des Français dans la vaccination s'améliore. 83% des participants se sont déclarés "favorables" ou "plutôt favorables" à la vaccination pour eux et leurs proches, selon cette enquête Ipsos pour la fédération des industriels du médicament (Leem). 

Les 17% d'opinions défavorables (dont 5% "pas du tout" favorables) étaient principalement motivées par des craintes sur les effets secondaires des vaccins, le manque d'information, les dangers liés à leur composition ou encore des inquiétudes sur la présence d'éventuelles substances nocives. En octobre 2016, une précédente étude du Leem montrait que seulement 69% des personnes interrogées faisaient confiance aux vaccins. 

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