Vaccination: malgré les critiques, la HAS défend sa stratégie de cibler les Ehpad

Vaccination: malgré les critiques, la HAS défend sa stratégie de cibler les Ehpad
Une dose du vaccin de Pfizer-BioNTech contre le Covid-19, le 2 janvier 2021 dans un hôpital parisien

, publié le lundi 04 janvier 2021 à 12h05

La Haute autorité de santé (HAS), qui a élaboré la stratégie française de vaccination contre le Covid-19, a défendu lundi le choix de vacciner en priorité les personnes âgées des Ehpad, malgré les vives critiques sur la lenteur du démarrage de cette campagne.

"Il faut garder son calme et garder les priorités, parce que si on vaccine beaucoup mais pas les bons, on va mettre des mois à diminuer les hospitalisations et les décès", a déclaré sur RMC/BFMTV la présidente de la HAS, Dominique Le Guludec.

Mme Le Guludec a assuré que le choix de commencer la campagne de vaccination par les Ehpad était justifié par le fait que ces établissements représentaient "30% des décès" du Covid-19.

"Il faut que les Français comprennent la logique de tout ça (...) Un tiers des morts pour 1% des Français, c'est ça le nœud du problème", a-t-elle martelé. "On doit vacciner vite ceux qui en ont le plus besoin. Les autres viendront après". 

La Pr Le Guludec a également défendu le choix de vacciner les résidents des Ehpad dans leur établissement, ce qui nécessite une logistique importante.

"Pour démarrer, pour vacciner les plus âgés, les plus fragiles, les plus vulnérables, aller les envoyer faire la queue dans des vaccinodromes ne nous a pas semblé être la meilleure solution, en plein hiver et avec un risque de Covid", a-t-elle dit.

"La stratégie reste: priorité sur les personnes les plus vulnérables, et les professionnels de santé, en élargissant quand on peut, si on a le nombre de doses nécessaire", a pour sa part déclaré sur France Inter Elisabeth Bouvet, présidente de la Commission technique des vaccinations de la HAS.

"Pour nous, la stratégie reste la même. La mise en œuvre de la stratégie doit probablement s'accélérer", a-t-elle toutefois concédé.

Mme Bouvet a ainsi écarté l'idée d'administrer le vaccin aux volontaires en priorité : "Compte tenu du nombre de doses qui, je le rappelle, est limité actuellement, on ne peut pas le distribuer comme ça aux gens qui en ont envie, alors qu'ils n'ont pas de risques".

Interrogée sur le rythme de cette vaccination, elle a répondu que ce n'était pas le choix de cette institution qui conseille le gouvernement. "Il n'a jamais été demandé qu'il y ait cette lenteur", a dit l'infectiologue.

Mais selon elle, les critiques sont trop virulentes.

"Je crois qu'il faut être extrêmement positif et rappeler les éléments optimistes de cette vaccination et arrêter de se flageller, de la même manière qu'aujourd'hui il faut arrêter de dire que c'est un désastre", a-t-elle souligné. "Il ne faut pas exagérer: on a commencé de vacciner il y a une semaine, on ne peut quand même pas parler de désastre".

Sur France Inter également, le généticien et président de la Ligue contre le cancer Axel Kahn s'est montré de nouveau très critique contre le gouvernement.

Le fait que les tests cliniques du vaccin Pfizer-BioNTech soient très encourageants "est vraiment un immense espoir, et c'est vraiment quelque chose de très enthousiasmant. Et donc le ton [du gouvernement], c'est une erreur psychologique (...) C'est une gigantesque erreur psychologique, et ça, je crois que le ministre [de la Santé Olivier Véran] l'a entendu", a-t-il estimé.

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