Vaccination des ados : une décision trop rapide, déplore le Comité d'éthique

Vaccination des ados : une décision trop rapide, déplore le Comité d'éthique
(Photo d'illustration)

publié le mercredi 09 juin 2021 à 08h54

Le Comité national d'éthique s'interroge sur la pertinence de la vaccination des adolescents contre le Covid-19, et notamment de leur faire porter "la responsabilité, en termes de bénéfice collectif, du refus de la vaccination (ou de la difficulté d'y accéder) d'une partie de la population adulte". 

Alors que l'objectif des 30 millions de primo-vaccinés au 15 juin est à portée de main, Emmanuel Macron a annoncé la semaine dernière que la vaccination contre le Covid-19 serait ouverte aux 12-18 ans dès le 15 juin. Une annonce qui interpelle le Comité national d'éthique (CCNE), qui regrette mercredi 9 juin que cette décision "ait été prise si rapidement".




"Y a-t-il une urgence absolue à commencer la vaccination dès maintenant, alors que plusieurs indicateurs sont au vert et que la rentrée scolaire de septembre pourrait signer le début de la campagne ?", s'interroge l'organe consultatif dans le communiqué de presse accompagnant son avis sur la question.

Dans son avis, le CCNE estime que si le bénéfice individuel tiré de la vaccination est "limité pour la santé physique" (les formes graves de l'infection étant très rares chez les moins de 18 ans), "les conséquences de la pandémie sur la santé psychologique et mentale des enfants, et surtout des adolescents, sont profondes et probablement durables".

Il ajoute qu'il est "peu probable" que l'objectif de l'immunité collective, qui nécessite de vacciner 80% à 85% de la population, "puisse être atteint grâce à la seule vaccination des adultes". Mais "est-il éthique de faire porter aux mineurs la responsabilité, en termes de bénéfice collectif, du refus de la vaccination (ou de la difficulté d'y accéder) d'une partie de la population adulte ?", s'interroge-t-il.

Le comité pose aussi la question du "risque de stigmatisation pour les adolescents qui ne souhaiteraient pas y avoir recours", et de celui de "briser leur confiance si le retour à la vie normale" promis en échange de la vaccination "était compromis par l'arrivée de nouveaux variants" du coronavirus.

Il recommande également "un suivi de pharmacovigilance spécifique" des effets secondaires, au vu du faible recul sur la "sécurité de ces nouveaux vaccins chez l'adolescent". Quant à la question du consentement au vaccin, si celui des parents est nécessaire, "le code de la santé publique insiste sur l'obligation de prendre en compte également le consentement de la personne mineure", rappelle le CCNE.
 

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