Vaccination des 12-18 ans contre le Covid-19 : Alain Fischer "aimerait beaucoup que l'école participe"

Vaccination des 12-18 ans contre le Covid-19 : Alain Fischer "aimerait beaucoup que l'école participe"
Le "monsieur vaccin" du gouvernement, Alain Fischer, le 25 février 2021.

publié le lundi 07 juin 2021 à 14h00

Selon le "monsieur vaccin" du gouvernement, la vaccination des adolescents ne pénalisera pas celle des publics prioritaires mais permettra au contraire de "participer à la protection collective".

A partir du 15 juin, les jeunes de 12 à 18 ans auront accès au vaccin contre le Covid-19. Le "monsieur vaccin" du gouvernement, Alain Fischer, souhaiterait que les écoles soient associées à la vaccination de ce public.

"J'aimerais beaucoup que l'école participe", a-t-il ainsi expliqué, au cours d'un entretien avec les lecteurs de 20minutes, publié dimanche 6 juin. 



"Pas en demandant aux enseignants de vacciner. Ni même aux médecins et infirmiers scolaires, pas assez nombreux. Mais en ouvrant des vacations pour vacciner aux médecins et infirmiers libéraux dans les établissements scolaires et universités", a-t-il déclaré, soulignant que "cela permet aussi de parler de la vaccination en général" dans les écoles. "C'est comme ça qu'en Grande-Bretagne, ils ont réussi à vacciner contre les infections au papillomavirus (HPV) 80% des adolescents", a plaidé le professeur d'immunologie dans le quotidien.

Selon Alain Fischer, l'ouverture de la vaccination aux jeunes ne pénalisera pas les publics prioritaires. "Il ne serait pas éthique de vacciner les ados en remplacement des adultes. Mais ce n'est pas 'à la place', c'est 'en plus'. Pour les personnes les plus à risque, la vaccination, heureusement, est bien avancée. Ce n'est pas déraisonnable de commencer celle des adolescents, qui va se faire progressivement", a jugé le président du conseil d'orientation de la stratégie vaccinale française.

"Imaginons qu'on arrive à vacciner 100% des adultes, ça serait bien de vacciner aussi les ados. Car ils jouent un rôle dans la transmission du virus. Donc vaccinés, ils participeraient à la protection collective", a-t-il encore argué à 20minutes, ajoutant qu'il y avait "deux autres arguments" en faveur de la vaccination des jeunes.

"Le premier : à cause du Covid-19, les ados peuvent avoir une maladie inflammatoire appelée le PIMS. C'est rare - 125 ados en France en un an -, mais si on peut l'éviter, c'est mieux. Deuxième raison, la plus forte à mon avis : beaucoup d'ados ont malheureusement souffert et souffrent parce que leur fréquentation scolaire a diminué. Certains ont décroché, d'autres développent des troubles psychiatriques", a-t-il poursuivi.


De son côté, le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer a estimé sur BFMTV que l'école ne pourra pas être le principal lieu de vaccination pour les 12-18 ans, notamment à cause du calendrier scolaire, les vacances débutant le 7 juillet. "On est à deux mois et demi avant la rentrée scolaire (de septembre, ndlr) donc ce n'est pas forcément en milieu scolaire que la vaccination a vocation à se faire", a jugé le ministre, estimant que "les centres de vaccination, avec des personnels de santé, les médecins, les pharmaciens... Bref tous ceux qui sont mobilisés pour la vaccination", étaient plus appropriés. 

Annoncée le 2 juin par Emmanuel Macron, la vaccination des jeunes de 12 à 18 ans se fera dans des "conditions d'organisation, sanitaires, de consentement et de bonne information des parents, qui seront précisées dans les prochains jours par les autorités sanitaires", a indiqué le chef de l'Etat. 

Dimanche soir, près de 28 millions de personnes avaient reçu au moins une injection, soit 41,7% de la population totale et 53,2% de la population majeure, selon le ministère de la Santé.
 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.