Vaccination Covid-19 : "Pas d'alerte particulière" concernant les effets indésirables

Vaccination Covid-19 : "Pas d'alerte particulière" concernant les effets indésirables
135 cas d'effets indésirables ont été enregistrés en France depuis le début de la vaccination il y a un mois

publié le jeudi 28 janvier 2021 à 19h00

En France, la vaccination a débuté le 27 décembre. Un mois plus tard, le professeur Antoine Pariente, directeur du centre régional de pharmacovigilance au CHU de Bordeaux révèle les premiers constats.

Antoine Pariente, directeur du centre régional de pharmacovigilance au CHU de Bordeaux et chargé du suivi national des effets indésirables du vaccin de Pfizer/BioNTech fait le point, après un mois de vaccination en France.

La surveillance "permet surtout d'écarter des inquiétudes", assure,-t-il.  


Comment est organisé le système de surveillance ? 

Les 31 centres régionaux de pharmacovigilance reçoivent et analysent les déclarations d'effets indésirables médicamenteux qui sont adressées soit par des professionnels de santé soit par des patients  à Bordeaux pour la Nouvelle-Aquitaine et les Outre-Mer. En tant que centre de référence avec le CHU de Marseille pour le suivi de la vaccination Covid, notre rôle est de faire l'analyse globale des cas individuels d'effets indésirables rapportés par ces centres régionaux. Nos rapports hebdomadaires sont transmis à l'ANSM (l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) et font l'objet d'une discussion finale avant diffusion. 

Comment sont analysés les effets indésirables ?  

Chaque centre régional complète au maximum le dossier médical du patient qui fait l'objet d'un signalement. Concernant les effets allergiques (hyperthermie, céphalée, courbatures) il n'y a pas énormément besoin de les documenter car ils sont très simples d'interprétation.  

Sur les (9) cas de décès déclarés en France (sans lien établi avec la vaccination selon le rapport ANSM du 22 janvier), il y a pour l'instant assez peu d'investigations complémentaires qui sont menées parce que ce sont des décès qui sont survenus chez des personnes très âgées (en résidence vieillesse ou en Ehpad et avec des maladies chroniques), de ce fait, c'est l'âge qui a été surtout retenu comme cause du décès. Il faudra regarder si ce nombre de cas reste compatible avec la mortalité habituelle.  

Quels sont les premiers enseignements ?

Pour avoir des chiffres qui veulent dire quelque chose, il est nécessaire de se donner du recul. Mais à ce stade, on n'a vraiment pas vu d'alerte particulière ni dans les essais cliniques ni dans le suivi de pharmacovigilance. L'expérience accumulée nationalement et internationalement permet surtout d'écarter des inquiétudes. Le bénéfice attendu est extrêmement important et il faudrait vraiment des catastrophes pour reconsidérer la vaccination.

135 cas d'effets indésirables  

Une très grande majorité des cas d'effets indésirables enregistrés (135, la plupart non graves ou attendus, selon le rapport ANSM du 22 janvier) sont liés à des effets de réactogénécité, c'est-à-dire la réaction immédiate, ou dans les jours suivants, de l'organisme au vaccin avec fièvre, maux de tête, courbatures, ce qui est tout à fait attendu.Dans les effets secondaires plus graves, on avait des interrogations plus particulièrement sur des cas de tachycardie mais survenus potentiellement chez des patients avec des antécédents de troubles du rythme cardiaque. Aucun n'a mis en jeu de pronostic vital, mais c'était un signal potentiel qu'on a soulevé et on continue à le suivre.

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