Vaccination contre le Covid-19 : la HAS recommande d'espacer les deux injections pour protéger plus vite les plus fragiles

Vaccination contre le Covid-19 : la HAS recommande d'espacer les deux injections pour protéger plus vite les plus fragiles©Fred TANNEAU / AFP

publié le samedi 23 janvier 2021 à 11h55

L'allongement du délai d'injection entre les deux doses devrait permettre de vacciner au moins 700.000 personnes supplémentaires dès le premier mois d'application de cette mesure.

Pour faire face à la "flambée épidémique", la Haute autorité de santé (HAS) a estimé samedi 23 janvier qu'il était "raisonnable" de porter à six semaines le délai entre l'injection des deux doses de vaccins, au lieu des trois à quatre semaines actuelles, afin de protéger plus vite les plus vulnérables.

"Dans un contexte de limitation en nombre de doses de vaccin et afin de permettre une augmentation de la couverture vaccinale des personnes les plus vulnérables à court terme, l'allongement du délai entre deux doses vaccinales est une option à considérer", explique l'autorisé sanitaire dans un rapport. 



Alors que le schéma de vaccination suivi jusqu'ici prévoit l'administration de deux doses espacée d'au moins 21 jours pour le vaccin Pfizer-BioNTech et de 28 jours pour celui produit par Moderna, les deux vaccins actuellement autorisés en France, l'allongement du délai d'injection entre les deux doses permettra d'"accélérer l'administration de la première dose aux personnes les plus vulnérables", soit, selon les projections de la HAS, au moins 700.000 personnes supplémentaires "qui seraient protégées par le vaccin" sur le premier mois d'application de cette mesure. A l'échelle individuelle, "le risque de perte d'efficacité" du vaccin entre deux doses "paraît limité", indique la HAS. 


Les résultats des essais cliniques de phase 3 pour les vaccins à ARN messager "montrent une efficacité du vaccin Comirnaty de Pfizer BioNtech qui débute à partir du 12e jour après la première dose et celle du vaccin de Moderna à partir du 14e jour après la première dose", explique-t-elle. Par la suite, les personnes les plus âgées vaccinées "montrent une réponse immunologique satisfaisante et une efficacité vaccinale similaire à celle retrouvée chez les personnes les plus jeunes".

Mais pour qu'une telle mesure d'espacement des doses de vaccins puisse accélérer la couverture vaccinale et freiner la circulation du virus, la Haute autorité estime qu'il faut respecter trois conditions préalables. La première est de vacciner les personnes les plus à risques par ordre de priorité, à savoir celles âgées de 75 ans et plus, puis "celles de 65 ans à 74 ans en commençant par ceux qui présentent des comorbidités", et donc plus de risques de décès liés au Covid.


Deuxième condition : la mise en oeuvre de cette modification du schéma vaccinal doit être "rapide". Enfin, "la totalité des doses disponibles des deux vaccins" doivent être utilisées et "la capacité vaccinale y compris, pendant les potentielles périodes de confinement" doit être maintenue.
 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.