Vaccination anti-Covid : pour qui, où, comment ?

Vaccination anti-Covid : pour qui, où, comment ?
(Photo d'illustration)

publié le samedi 08 mai 2021 à 15h00

ECLAIRAGE. Emmanuel Macron a ouvert cette semaine les vannes de la vaccination contre le Covid-19, dans l'espoir d'accélérer la campagne avant les prochaines étapes de réouverture du pays. 

Ouverture de la vaccination contre le Covid-19 aux 50 ans et plus avancée et à tous les plus de 18 ans quand il reste des doses.

Alors que la première étape du déconfinement s'est amorcée lundi, Emmanuel Macron a accéléré jeudi 6 mai la campagne de vaccination. 




Qui aujourd'hui peut se faire vacciner contre le Covid-19? En centre de vaccination ou en ville? Et à quelles dates les autres publics y auront-ils accès? On fait le point.




- Les 60 ans et plus

Toutes les personnes de cette tranche d'âge peuvent se faire vacciner, en centre de vaccination ou en ville, quel que soit leur lieu de vie et leur état de santé, avec n'importe lequel des vaccins en circulation. Chez les plus de 80 ans, sept sur dix ont déjà reçu au moins une dose, et même huit sur dix chez les 75-79 ans, mais ce n'est encore le cas que pour la moitié des 60-64 ans.

- Les 55-59 ans

Ils peuvent tous se faire vacciner par un médecin, un pharmacien ou un infirmier avec les vaccins AstraZeneca ou Janssen. En centre de vaccination, sont éligibles ceux à risque très élevé de faire une forme grave de Covid, avec les Pfizer/BioNTech et Moderna. Il s'agit principalement des malades de cancer en cours de traitement, des patients dialysés, des transplantés d'organes ou de cellules souches et des personnes porteuses de trisomie 21.

Des créneaux en centres de vaccination sont également réservés aux 55-59 ans très exposés au Covid-19 par leur profession : enseignants, professionnels de la petite enfance, policiers, gendarmes et surveillants pénitentiaires depuis le 17 avril, conducteurs de bus, routiers, caissières, employés des pompes funèbres et des abattoirs, agents d'entretien, salariés des centres de tri de déchets, éboueurs et agents de sécurité des transports et des commerces depuis le 24 avril.  

Quelques professions oubliées dans la liste ont été ajoutées depuis, comme les personnels navigants du transport aérien.

- Les 50-55 ans

L'élargissement à tous les autres Français de plus de 50 ans, sans condition, se fera dès lundi 10 mai, a annoncé jeudi Emmanuel Macron, et non le 15 mai comme prévu initialement.

En dessous de 55 ans, seuls les vaccins Pfizer et Moderna peuvent être utilisés, AstraZeneca et Janssen n'étant pas recommandés en raison d'un risque rare d'effets indésirables graves. La Haute autorité de Santé (HAS) doit se prononcer prochainement sur la possibilité d'assouplir cette restriction.

Entre 50 et 55 ans, la vaccination aujourd'hui est ouverte aux personnes concernées par les pathologies à haut risque ainsi que par certaines maladies chroniques (ou comorbidités).  Il s'agit principalement des maladies cardio-vasculaires (hypertension artérielle compliquée, antécédent d'AVC ou de chirurgie cardiaque, insuffisance cardiaque), du diabète, de maladies respiratoires (insuffisance respiratoire, asthme sévère, fibrose pulmonaire, apnée du sommeil, broncho-pneumopathie obstructive) et des cancers. En font également partie les malades chroniques des reins et du foie, les personnes immuno-déprimées, obèses ou atteintes de troubles psychiatriques, de démence et de pathologies neurologiques (sclérose en plaques, maladie de Parkinson...).

Sans critère d'âge, s'ajoutent à cette liste les professionnels de la santé et du médico-social, les personnes handicapées en hébergement spécialisé et, depuis le 26 avril, les proches de personnes immunodéprimées, dès 16 ans. Sont aussi concernés depuis quelques jours les personnels navigants susceptibles de voler vers des pays à variants préoccupants et les membres des bureaux de vote et fonctionnaires communaux mobilisés pour les élections régionales des 20 et 27 juin.

- Les 18-49 ans

Dans cette tranche d'âge, ont accès à la vaccination les pathologies à haut risque, les femmes enceintes à partir du deuxième trimestre de grossesse et, depuis le 1er mai, tous les adultes atteints des comorbidités qui permettaient jusque-là la vaccination aux 50-54 ans. Soit "quelque 4 millions de Français", selon le ministre de la Santé.

Tous les plus de 18 ans peuvent également se faire vacciner dans certains territoires d'Outremer (dont la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane) et même à partir de 16 ans à Mayotte, département le plus jeune de France.

Les autres doivent en théorie attendre le 15 juin mais Emmanuel Macron a annoncé jeudi qu'"à partir de mercredi 12" mai, tous les plus de 18 ans pourraient réserver un créneau pour le lendemain dans les centres qui ont "des rendez-vous qui ne sont pas pris".




- Les moins de 18 ans

La porte s'est entrouverte pour la vaccination de certains adolescents de 16 à 18 ans : en plus des proches de personnes immunodéprimées, déjà concernés, ceux qui relèvent des pathologies à haut risque de forme grave peuvent désormais recevoir le vaccin de Pfizer/BioNTech, le seul autorisé à ce stade pour les 16-17 ans, selon des instructions du ministère de la Santé publiées jeudi. Cela représente environ 10.000 à 20.000 personnes, selon les autorités. Pour les autres, aucune annonce officielle n'a encore été faite.

Le président du conseil d'orientation stratégique de la vaccination, Alain Fischer, a estimé à plusieurs reprises qu'il faudrait sans doute vacciner les mineurs pour atteindre une couverture vaccinale suffisante pour espérer une immunité de groupe.

Des essais cliniques sont en cours pour vérifier la sécurité et l'efficacité des vaccins sur les enfants et les adolescents.

Moderna bénéficie d'une autorisation à partir de 18 ans dans l'Union européenne, contre 16 ans pour Pfizer et BioNTech, et le régulateur européen a commencé lundi l'évaluation de leur demande d'extension aux 12-15 ans.

 

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