Vaccin contre le Covid-19 : quand pourrez-vous être vacciné ?

Vaccin contre le Covid-19 : quand pourrez-vous être vacciné ?
Photo d'illustration.

publié le jeudi 03 décembre 2020 à 07h00

Les autorités sanitaires recommandent cinq phases, des personnes les plus prioritaires, les résidents de Ehpad, qui seront vaccinés d'ici début 2021, au grand public, à partir du printemps. La Haute autorité de santé (HAS) a présenté cette semaine ses recommandations, précisées par Emmanuel Macron. 

LES 5 ETAPES 


1.

Les résidents et le personnel des Ehpad 

Pour la HAS, les personnes âgées résidant en Ehpad doivent être vaccinées en priorité "à l'arrivée des toutes premières doses", car "elles cumulent les deux types de risque" (âge et exposition élevée du fait de la vie en collectivité). Une population d'environ "750.000 personnes".




Cette première étape devrait aussi concerner les salariés de ces établissements "qui présentent eux-mêmes un risque de forme grave (professionnels de plus de 65 ans et/ou avec comorbidité(s))", soit environ 90.000 personnes. 

2. Les personnes âgées et les professionnels de santé de plus de 50 ans 

Viendrait ensuite l'ensemble des personnes âgées, en commençant par "les personnes ayant plus de 75 ans, puis les personnes de 65 à 74 ans ayant une comorbidité, puis les autres personnes de 65-74 ans", ainsi que les "professionnels du secteur de la santé, du médico-social et du transport sanitaire, en priorisant les professionnels âgés de plus de 50 ans" ou présentant un facteur de risque.

Cette étape sera beaucoup plus massive : il s'agira de vacciner quelque 13,7 millions de personnes âgées et 1,2 million de professionnels. 

3. Tous les plus de 50 ans et les personnes à risque 

La troisième phase concernerait tous les 50-65 ans (13 millions) et les "moins de 50 ans mais à risque de forme grave" (4 millions), "l'ensemble des professionnels du secteur de la santé et du médico-social" et les "professionnels issus des secteurs indispensables au fonctionnement du pays", dont la liste sera "à définir par le gouvernement" (sécurité ou éducation par exemple).

- Les facteurs de risques 
La HAS retient comme "comorbidités" celles "identifiées dans les publications scientifiques comme à risque avéré d'hospitalisations ou de décès" : l'obésité, certaines maladies respiratoires (BPCO et insuffisance respiratoire), l'hypertension artérielle "compliquée" (qui a donné lieu à un infarctus, un AVC ou de l'insuffisance cardiaque), l'insuffisance cardiaque, le diabète, l'insuffisance rénale chronique, les cancers de moins de trois ans, les personnes ayant reçu une greffe et celles porteuses de trisomie 21. D'autres pathologies ou formes de handicap pourront être intégrées au fur et à mesure de l'acquisition des connaissances.

4. Travailleurs exposés, personnes précaires 

La HAS recommande d'élargir dans un quatrième temps aux "professionnels dont l'environnement de travail favorise une infection (contacts réguliers du public, milieu clos...)" et aux "personnes vulnérables ou précaires ayant un pronostic moins favorable en cas d'infection par la Covid-19 (résident en hôpital psychiatrique, sans domicile fixe, détenus...)". 

5. Tous les plus de 18 ans 

Dans une cinquième et dernière phase, "sous réserve que les allocations de doses vaccinales auront été suffisantes pour vacciner chacune des populations prioritaires, la vaccination des personnes de plus de 18 ans et sans comorbidité pourrait alors être initiée".

- Les mineurs pas concernés 
Les mineurs ne font pas l'objet de recommandations car les études cliniques les plus avancées n'ont pas inclus cette population. "L'autorisation de mise sur le marché ne sera pas délivrée pour les enfants puisqu'il n'y aura aucune donnée d'efficacité et surtout de tolérance vis-à-vis de cette population", note Daniel Floret.

- Le calendrier à déterminer 
"Ce qui va déterminer le passage d'une phase à l'autre, c'est essentiellement la disponibilité des doses", explique Elisabeth Bouvet, présidente de la commission des techniques de vaccination de la HAS. Ainsi, "si pendant la phase 1 toutes les doses ne sont pas utilisées, il y aura un continuum entre la phase 1 et la phase 2". Dans le cas contraire, il faudra attendre un réapprovisionnement. 

"Les phases 2 et 3 devraient suivre de très près la phase 1 alors que les phases 4 et 5 surviendront probablement plus tardivement", estime Daniel Floret, vice-président de cette même commission. Le calendrier de la campagne dépendra aussi de son succès, observe la présidente de la HAS, Dominique Le Guludec. 

- "Entre avril et juin" pour le grand public 
Le chef de l'Etat a précisé mardi que la vaccination du grand public pourrait démarrer au printemps. Emmanuel Macron prévoit, pour début 2021, "une première campagne de vaccination très ciblée, avec des vaccins de première génération", suivie d'une "deuxième vague de vaccination qui s'ouvrira, quelque part entre avril et juin qui, elle, sera plus large et plus grand public et qui ira vers une stratégie de vaccination du plus grand nombre". 

La première phase de la vaccination aura lieu "dès que possible après les homologations des autorités sanitaires européennes, entre fin décembre et début janvier. Mais "il ne s'agira pas d'une campagne grand public, compte tenu des doses auxquelles nous aurons accès pour nos pays", a souligné Emmanuel Macron. 

Cette première phase sera réalisée avec des vaccins de première génération, "sur lesquels on a peu de recul et dont les conditions de conservation et de logistique sont assez complexes, -80 ou -20 degrés à ce stade, et qu'on va plutôt réserver aux publics les plus sensibles". 

- Des recommandations amenées à évoluer
La HAS formulera des "recommandations différenciées", "vaccin par vaccin", lorsqu'elle disposera d'informations plus détaillées. Ainsi, les vaccins pour lesquels on aurait la démonstration qu'ils bloquent la transmission du virus "seraient plus adaptés aux professionnels de santé", tandis que d'autres pourraient être "plus efficaces sur les personnes âgées". L'autorité sanitaire n'a par ailleurs pas encore tranché sur la conduite à tenir pour les personnes ayant déjà été infectées par le coronavirus.

- La question du vaccin obligatoire 
"Il ne faut pas se priver (...) de s'interroger à nouveau sur l'obligation" vaccinale, "si on constate qu'à un moment, si on veut mettre fin à cette épidémie, on a besoin d'un taux de vaccination plus élevé" et que les vaccins disponibles ont prouvé leur efficacité, avance Elisabeth Bouvet. 

"Il ne s'agira pas d'une stratégie de vaccination obligatoire mais d'une stratégie de conviction et de transparence", assure toutefois Emmanuel Macron. 

- Les autorités doivent naviguer à vue 
La stratégie de la HAS est dictée par les incertitudes qui persistent sur les futurs vaccins. Un exercice inédit, rendu nécessaire par l'urgence épidémique : élaborer des recommandations, alors que les vaccins ne sont pas encore sur le marché et qu'on ne connaît ni toutes leurs caractéristiques ni les quantités qui seront disponibles. 

La stratégie définie intègre deux données : d'une part, il y aura une "allocation limitée et progressive des doses de vaccins". D'autre part, les candidats vaccins semblent empêcher de développer la maladie Covid-19, mais on ignore combien de temps et s'ils empêchent aussi de transmettre le virus Sars-CoV-2. L'objectif est donc une "protection individuelle", et non collective, afin de réduire l'impact sanitaire de la maladie (hospitalisations, admissions en soins intensifs et décès). 

"Pour que la stratégie vaccinale vise le contrôle de l'épidémie, il est nécessaire d'attendre que les études établissent la preuve que les vaccins ont une efficacité possible sur la transmission du virus et que la disponibilité des vaccins soit suffisante", explique la HAS. 

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