Vaccin contre le Covid-19 : "La France est sur le point de basculer dans une production massive", assure Thierry Breton

Vaccin contre le Covid-19 : "La France est sur le point de basculer dans une production massive", assure Thierry Breton
Thierry Breton, le Commissaire européen en charge des vaccins, le 18 mars 2021.

publié le dimanche 04 avril 2021 à 15h00

Le Commissaire européen en charge des vaccins estime que l'Union européenne va devenir "d'ici la fin de l'année le premier continent producteur de vaccins au monde, avec un rythme qui pourrait atteindre les 3 milliards de doses par an".

Alors que le gouvernement souhaite accélérer la campagne de vaccination dans l'Hexagone pour lutter contre la troisième vague de Covid-19, "la France est sur le point de basculer dans une production massive de vaccins", a assuré Thierry Breton, le Commissaire européen en charge des vaccins, dimanche 4 avril, au Parisien lors d'un déplacement sur le site du sous-traitant allemand CordenPharma de Moderna installé à Chenôve, près de Dijon (Côte-d'Or).



"CordenPharma, à Chenôve, près de Dijon, participe déjà depuis plusieurs mois à la fabrication de vaccins ARN messager, notamment pour Moderna, en fournissant des nanolipides, l'un des composants essentiels de cette technologie. Delpharm démarre le flaconnage, également pour Pfizer, à Saint-Rémy-sur-Avre dans l'Eure, ce mercredi.

Et Recipharm pour Moderna à Monts, en Indre-et-Loire, avant la fin du mois. Sans parler de Janssen sur le site de Sanofi à Marcy-l'Etoile, près de Lyon, en septembre. C'est une vraie montée en puissance", a ainsi énuméré l'ancien ministre de Jacques Chirac.

Le Commissaire européen a également justifié la retard de l'Europe en matière de vaccination. "Si nous avions reçu les 100% de vaccins AstraZeneca qui nous étaient contractuellement destinés, l'Union européenne serait aujourd'hui au même niveau que la Grande-Bretagne en termes de vaccination", a assuré Thierry Breton. "Au premier trimestre, ce laboratoire nous a livré seulement un quart des commandes, quand les Britanniques ont reçu, eux, la totalité, alors même que notre contrat avait été signé avant eux, en août 2020", a-t-il ajouté. 

Pour éviter ce genre de problème à l'avenir, le Commissaire européen l'assure : son équipe "se chargera désormais de vérifier en amont, avant signature de tout contrat négocié par la Direction générale de la santé, que l'ensemble des engagements pris par les laboratoires sont tenables au regard de leurs capacités industrielles".



L'ancien ministre a par ailleurs défendu le choix de l'Europe d'exporter ses vaccins. "La lutte contre la pandémie impose d'avoir une approche globale. Regardez, les variants se sont développés dans des pays où les mesures étaient insuffisantes. La Grande-Bretagne en premier lieu, qui avec 135.000 décès a payé le plus lourd tribut en Europe. Mais également le Brésil ou l'Afrique du Sud. Donner les moyens à d'autres pays de lutter contre le virus, c'est également nous protéger", a-t-il expliqué au Parisien.

Pour atteindre une immunité collective, chose qui sera possible selon lui "mi-juillet" pour l'Union européenne, "il nous faudra donc continuer à avoir une politique ouverte, qui se préoccupe de ses voisins, en réservant 60% de notre production à destination des Etats membres, et 40% pour l'exportation. Et ce contrairement à l'autre continent grand producteur de vaccins que sont les Etats-Unis, et qui ont jusqu'à maintenant gardé 100% de leur production pour eux", a poursuivi Thierry Breton.

Selon lui, l'Europe deviendra d'ailleurs "d'ici la fin de l'année le premier continent producteur de vaccins au monde, avec un rythme qui pourrait atteindre les 3 milliards de doses par an, contre 2 milliards pour les Etats-Unis". 

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