Vaccin contre le Covid-19 : faut-il avoir peur des effets secondaires ?

Vaccin contre le Covid-19 : faut-il avoir peur des effets secondaires ?©Yui Mok / POOL / AFP

, publié le lundi 07 décembre 2020 à 17h05

Les Français restent méfiants quant aux nouveaux vaccins contre le Covid-19, notamment par crainte des effets secondaires. Les laboratoires se veulent rassurants.

Seule la moitié (53%) des personnes interrogées en novembre accepte de se faire vacciner contre le Covid-19, selon un sondage sur 2.000 personnes dévoilé vendredi par l'agence sanitaire Santé publique France.

Parmi les raisons de cette méfiance : la crainte des effets secondaires. Et pourtant, les communiqués de presse publiés par les laboratoires, cités dans Le Parisien ce lundi 7 décembre, se veulent plutôt rassurants.


"Les seuls effets indésirables sévères rapportés dont la fréquence atteignait ou dépassait 2 % après la première ou la deuxième dose étaient la fatigue (3,8 %) et les céphalées (2,0 %)", a expliqué Pfizer/BioNTech le 18 novembre dernier à propos de son vaccin efficace à 95%. Quant à Moderna, "aucun événement indésirable grave n'a été noté dans l'essai", a-t-on rassuré le 3 décembre.

Pour Eric Billy, membre du collectif Du côté de la science et chercheur en immuno-oncologie à Strasbourg, "à l'heure actuelle, discuter des effets secondaires de ces candidats vaccins, c'est un peu faire du prédictif car on ne dispose pas encore de l'ensemble des données scientifiques", a-t-il mis en garde auprès du Parisien. Puis d'ajouter : "Néanmoins, avec le recul des phases 2 et des dizaines de milliers de patients ayant reçu un vaccin ARN (Pfizer et Moderna) en phase 3, cela ne plaide pas en faveur d'un pourcentage élevé d'effets indésirables graves."

"Nous immuniser contre les peurs"

Rassurer la population sur un tout nouveau vaccin, Olivier Véran sait que la tâche sera ardue. "Avant même de nous immuniser contre le coronavirus, nous devons d'abord nous immuniser contre les peurs", a lancé jeudi 3 décembre le ministre de la Santé, en esquissant le schéma de la future campagne de vaccination. Parmi les raisons invoquées, "les nouveaux vaccins ne sont pas sûrs" ou "je suis contre la vaccination en général", un discours récurrent dans un pays régulièrement classé parmi les plus méfiants envers les vaccins. De quoi préoccuper le gouvernement, qui ne veut pas rééditer les couacs des masques, puis des tests.

"Je m'engage tout au long de la campagne vaccinale à ce que nous fassions preuve de la transparence la plus totale", a tenté de rassurer Olivier Véran.

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