Vacances de la Toussaint : un casse-tête pour certaines familles

Vacances de la Toussaint : un casse-tête pour certaines familles
Certains parents seront contraints de faire sécher l'école à leurs enfants deux ou quatre jours (photo d'illustration).

, publié le lundi 17 octobre 2016 à 14h00

Les vacances de la Toussaint (19 octobre-3 novembre) commenceront et finiront en milieu de semaine cette année pour englober le pont du 1er novembre dans les congés. Un calendrier inédit qui contraint les familles et les acteurs du tourisme à la flexibilité.

Certains parents se disent même contraints de faire sécher l'école à leurs enfants quelques jours.

Ce calendrier à cheval sur trois semaines, connu depuis 18 mois, est exceptionnel. La raison ? Éviter une reprise de l'école le lundi 31 octobre, soit la veille du mardi 1er novembre férié, argue le ministère de l'Education. Mais il suscite la colère de nombreux parents, notamment séparés, pour des questions d'organisation : "Nous avons toujours fait part de nos réticences car ces dates ne correspondent ni à l'organisation professionnelle ni au mode de vie des familles", a expliqué au Huffington Post Liliana Moyano, présidente de la FCPE, principale association de parents d'élèves. "C'est un casse-tête encore pire pour les familles divorcées. Tout cela crée du mécontentement et c'est normal".

"Comme en septembre, on risque d'assister à deux rentrées avec certains parents qui ne remettront leurs enfants que le lundi suivant. Pendant deux jours, on va assister à des présences aléatoires", ajoute la présidente. Certains couples ont même expliqué sur BFMTV que leurs enfants ne se rendront pas à l'école quatre jours (17-18 octobre/3-4 octobre), le weekend étant le seul créneau possible pour faire la route jusqu'aux grands-parents.



Du côté des vacanciers, on semble s'être adapté et les taux de réservations seraient plutôt bons : les réservations aériennes connaîtront ainsi leur pic non pas le samedi 22 octobre mais dès les mercredi 19 et jeudi 20, indique à l'AFP la plateforme MisterFly. Même constatation chez le géant du tourisme TUI France (Marmara, Nouvelles Frontières), qui indique que ses taux de remplissage pour les départs du mercredi, jeudi et vendredi "sont très bons, à plus de 82%".

"C'est le rôle des tour-opérateurs de s'adapter et de proposer plus de flexibilité aux voyageurs. Nous avons anticipé la demande pour les vacances de la Toussaint puisque 65% de nos vols au départ de Paris et de la province sont proposés le mercredi, jeudi, vendredi", souligne Pascal de Izaguirre, président de TUI France. TUI propose en outre "des durées de séjours de 9, 10 ou 11 nuits, et cela remporte un réel succès auprès de nos clients", dit-il.



Ce calendrier particulier de la Toussaint a ainsi poussé plusieurs grands acteurs du tourisme à proposer de nouvelles conditions de séjours, n'imposant plus le samedi comme unique jour d'arrivée. Dans les domaines Center Parcs, la toute nouvelle offre "Flex" permet aux vacanciers d'arriver le jour de leur choix (sauf le dimanche), pour une durée de séjour à leur convenance. "L'ouverture des arrivées le jeudi, premier jour complet de vacances cette année est un succès, avec 30% des arrivées", indique le groupe Pierre et Vacances, qui détient Center Parcs. Le séjour à la carte a aussi la cote dans les locations entre particuliers : la plateforme Abritel fait état de réservations "en hausse, mais pour des séjours plus courts que l'an passé".

"NE PAS DRAMATISER"

Ce calendrier particulier devrait au final avoir un impact limité sur l'activité des professionnels du tourisme. "Il ne faut pas non plus dramatiser, ce sont les vacances où les Français partent le moins avec seulement un quart d'entre eux qui font un break à la Toussaint; et ils vont beaucoup dans leur famille et assez peu dans des hébergements marchands", résume Didier Arino, président du cabinet Protourisme. Du côté des hôteliers, "il est trop tôt pour évaluer un éventuel impact", souligne Thierry Grégoire, président des saisonniers de l'Umih, principal syndicat professionnel du secteur. Selon lui, des vacances au beau milieu de la semaine "peuvent favoriser le raccourcissement de la durée des séjours, ou inciter à ne pas partir du tout. Mais nous, les hôteliers, nous sommes après tout déjà habitués à avoir des clients tous les jours de la semaine".

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