Usine d'Hordain : PSA renonce à faire venir ses salariés polonais

Usine d'Hordain : PSA renonce à faire venir ses salariés polonais
L'usine PSA d'Hordain.
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, publié le samedi 13 juin 2020 à 19h20

PSA avait annoncé jeudi sa décision de faire travailler ses salariés polonais dans l'usine français d'Hordain, expliquant que la "crise économique brutale" générée par l'épidémie de Covid nécessitait "de trouver des solutions pour donner de l'activité aux salariés du groupe". Le groupe vient de renoncer.

Le gouvernement a été entendu.

Le ministère de l'Economie a annoncé samedi 13 juin que le groupe automobile PSA allait revenir sur sa décision de faire travailler ses ouvriers polonais pour renforcer ses équipes du site d'Hordain (Nord), ainsi que le gouvernement le lui avait demandé vendredi. "Dans la situation actuelle, les entreprises doivent tout faire pour protéger l'emploi en France", avait expliqué le ministère du Travail indiquant que "Muriel Pénicaud et Bruno Le Maire (avaient) demandé à PSA de renoncer à cette opération et d'embaucher en priorité les intérimaires". Carlos Tavares, le patron de PSA, "s'est engagé à revenir sur cette décision", a indiqué samedi le ministère sans plus de précisions. 

Le groupe automobile PSA a fait machine arrière samedi en fin de journée sous la pression du gouvernement quant à sa décision de faire venir en France certains de ses ouvriers polonais pour renforcer les équipes de son usine d'Hordain, dans le Nord. "Compte tenu de l'émotion que ce sujet suscite", ce que "nous comprenons dans le contexte actuel du pays", "nous avons travaillé à une solution alternative", permettant "de monter cette équipe supplémentaire" finalement constituée "majoritairement d'intérimaires", a déclaré à l'AFP le responsable communication de PSA Hordain, Jean-Pierre Papin.



Les syndicats avaient dénoncé jeudi cette décision du groupe automobile à l'issue d'un Comité social et économique. La direction y avait annoncé qu'un "premier contingent" de 120 Polonais de l'usine de Gliwice - produisant des Opel Astra - allait arriver, puis que 150 autres les rejoindraient la semaine suivante, tous pour une mission de trois mois, logés par l'entreprise dans la région et payés selon la convention collective française du secteur.

Plus tôt dans la journée, PSA avait expliqué sa décision de faire appel à ses salariés polonais en expliquant que la "crise économique brutale" générée par l'épidémie de Covid "nécessite de réagir avec agilité et efficience, afin d'assurer la pérennité du groupe PSA". "La responsabilité de la direction de l'entreprise est de trouver des solutions pour donner de l'activité aux salariés du groupe", et "les mobilités temporaires entre sites s'inscrivent dans la logique de 'solidarité industrielle' pour des salariés dont le cœur de métier est la fabrication de véhicules", a-t-elle expliqué. A Metz cependant, 50 salariés polonais sont arrivés et travaillent au sein de l'usine.

"Cela répond à une logique économique qu'on peut comprendre mais une entreprise a aussi une responsabilité sociale (...) et le rapport entre la logique économique et la logique sociale doit être équilibrée", a réagi Franck Don, de la CFTC (4e syndicat chez PSA).

Sur Franceinfo, Jean-Pierre Mercier, délégué syndical CGT chez PSA, a déclaré samedi ne faire "aucune confiance à la ministre du Travail pour régler le problème". "La ministre est du côté de PSA. Ils vont s'entendre sur le dos des intérimaires, sur le dos des travailleurs de PSA et de nos camarades de Pologne, d'Espagne et d'Allemagne", a-t-il regretté, estimant que PSA jouait "la mise en concurrence des salariés les uns contre les autres" depuis des années.
 

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