Urgences : vers "un numéro de santé unique" ?

Urgences : vers "un numéro de santé unique" ?
(Photo d'illustration)

, publié le samedi 21 décembre 2019 à 14h40

Chargés depuis juin d'une mission sur la refondation des urgences, le député (LREM) Thomas Mesnier et le Pr Pierre Carli, chef du Samu de Paris, préconisent de mettre en place un nouveau "numéro de santé unique", le 113.




Face à la crise des urgences, le gouvernement a promis la mise en place d'un service d'accès aux soins (SAS) en juin 2020, censé répondre à toute demande de soins imprévue pour désengorger les urgences. Cette mesure phare du plan urgences dévoilé en septembre, "fondée sur un partenariat" entre les médecins libéraux et hospitaliers, "en lien avec les services de secours", doit permettre d'accéder 24 heures sur 24 et "à distance à un professionnel de santé pour des réponses allant du conseil à la téléconsultation", à l'orientation vers "une consultation sans rendez-vous ou vers un service d'urgence", voire à l'envoi d'un Smur (service mobile d'urgence et de réanimation) ou d'une ambulance. 

Chargés depuis juin d'une mission sur la refondation des urgences, le député La République en marche (LREM) Thomas Mesnier et le Pr Pierre Carli, chef du Samu de Paris, ont remis leur copie jeudi à la ministre de la Santé Agnès Buzyn, qui doit rendre ses arbitrages en janvier. Ils y précisent leurs préconisations pour le SAS et notamment la mise en place "un numéro de santé unique".

En partant du constat que la majorité ("plus de 50%") des appels passés au 15 (Samu), au 17 (police) et au 18 (pompiers) sont "à connotation santé", MM. Mesnier et Carli jugent "primordial" de créer "un nouveau numéro de téléphone unique, totalement dédié à la santé", un "guichet unique", le 113, qui cohabiterait avec un autre "dédié aux secours et à la sécurité", le 112. Une mesure d'une "modernité absolue", et non un "'rhabillage' de dispositifs préexistants" comme le Samu, assurent-ils.

S'y ajouterait un service en ligne, sorte de "catalogue des différentes possibilités offertes" aux patients, qui s'appuierait notamment sur les plateformes de prise de rendez-vous comme Doctolib.

"Un tiers des consultations peuvent se régler par téléphone"

"Derrière ce numéro unique de santé, il y aurait à la fois les urgences vitales, mais aussi toute l'organisation des médecins généralistes, partout sur tout le territoire", explique Thomas Mesnier au micro de RTL. Ce 113 permettrait en effet d'avoir "le médecin régulateur du SAMU" pour une urgence ou, "dans le cadre d'un problème de santé du quotidien", vous mettre en contact avec "un médecin généraliste régulateur qui pourrait soit vous donner un conseil, soit vous faxer une ordonnance à la pharmacie, soit déclencher une téléconsultation, soit vous orienter vers un professionnel formé le plus proche de chez vous". 

Des personnes qui seraient "spécialement formées pour ça". Un moyen pour soulager les urgences car "un tiers des consultations peut se régler par le téléphone" selon Thomas Mesnier. 

Les généralistes hostiles au 113

Le 113 - dont la disponibilité reste à garantir - remplacerait le 15, mais aussi le 116-117, au grand dam des syndicats de médecins libéraux, favorables à la généralisation de ce numéro expérimenté dans certaines régions pour trouver un médecin de garde.

Le premier syndicat de généralistes, MG France, a lancé la semaine dernière une grève des cabinets le samedi pour dénoncer le manque de moyens octroyés aux libéraux dans le cadre du SAS. Il a été rejoint cette semaine par la CSMF et le SML (spécialistes et généralistes).

 

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