Urgences : des grévistes s'injectent un produit présenté comme de l'insuline devant le ministère de la Santé

Urgences : des grévistes s'injectent un produit présenté comme de l'insuline devant le ministère de la Santé
Une manifestation de personnel soignant à Paris, le 2 juillet 2019.

, publié le mercredi 03 juillet 2019 à 11h38

"Treize personnes présentant des traces d'injection ont été prises en charge" par le Samu, mais n'ont pas souhaité être transportées à l'hôpital.

"L'insuline, c'était pour pousser le ministère à faire quelque chose, et il n'a rien fait. On a continué jusqu'à ce qu'ils nous évacuent manu militari sur le côté". Une douzaine de grévistes des urgences se sont injectés mardi 2 juillet un produit présenté comme de l'insuline devant le ministère de la Santé pour exiger la satisfaction de leurs revendications, a-t-on appris de sources concordantes.

Une action potentiellement dangereuse qui a entraîné l'intervention des CRS et du Samu, et qui a été dénoncée par la CGT.


Assis en ligne sur la chaussée, ces soignants ont utilisé des stylos à insuline, s'injectant en même temps une dose dans l'épaule ou dans l'abdomen comme en attestent plusieurs vidéos diffusées sur les réseaux sociaux. Quelques instants plus tard, les CRS les encadraient avant de les diriger vers un trottoir non loin pour attendre l'arrivée du Samu. Selon le ministère qui a prévenu les secours, "13 personnes présentant des traces d'injection ont été prises en charge" mais n'ont pas souhaité être transportées vers des hôpitaux après des tests de glycémie "normaux", ce qui n'exclut pas l'utilisation d'"insuline retard", à effet différé.

"L'insuline, c'était pour pousser le ministère à faire quelque chose, et il n'a rien fait. On a continué jusqu'à ce qu'ils nous évacuent manu militari sur le côté", a raconté à l'AFP Pierre Schwob, infirmier à l'hôpital Beaujon à Clichy.

Cette action spectaculaire s'est déroulée à l'issue d'une manifestation bon enfant, partie à la mi-journée du ministère de l'Économie et qui a rassemblé plusieurs centaines d'agents hospitaliers à l'appel du collectif Inter-Urgences et de l'intersyndicale CGT-FO-SUD. Leur objectif était de "maintenir la pression" après plus de trois mois d'un mouvement de grève qui touchait 154 services mardi dans toute la France, selon le collectif.

Une délégation a été reçue par le directeur adjoint de cabinet d'Agnès Buzyn, et "il n'y avait pas de tension particulière", a indiqué à l'AFP l'entourage de la ministre de la Santé. Mais lorsqu'un des participants a évoqué l'action sur le point de se produire, "cela a été la consternation, et pas que de notre côté". 

"On est très choqué", s'est indignée auprès de l'AFP Mireille Stivala, la responsable CGT du secteur de la Santé, qui a tenu à se "désolidariser" d'une action "irresponsable". "Nous ne pouvons pas concevoir que des individus mettent en danger leur vie pour n'importe quelle cause, un cap a été franchi", a-t-elle ajouté. "C'était une action symbolique" pour dénoncer "le malaise aux urgences", justifie l'aide-soignante Candice Lafarge, membre du collectif Inter-Urgences. "On sait ce qu'on fait, on avait le matériel adéquat en cas de problème", a-t-elle insisté.

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