Grève à l'AP-HP: les syndicats veulent un moratoire sur les restructurations

Grève à l'AP-HP: les syndicats veulent un moratoire sur les restructurations
Grève aux urgences de l'hôpital de la Pitié-Salpétrière à Paris, le 15 avril 2019

AFP, publié le vendredi 19 avril 2019 à 18h02

Les syndicats de l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris ont exigé un moratoire sur "toute fermeture de lit, de service et suppression de poste" vendredi, journée de grève à l'AP-HP.

"Nous avons posé en préalable à toute négociation une demande de moratoire sur tous les plans de restructuration en cours", a indiqué à l'AFP l'urgentiste et syndicaliste CGT Christophe Prudhomme.

Une délégation a été reçue vendredi matin par Pierre-Emmanuel Lecerf, directeur général adjoint, alors qu'une centaine de personnels - dont de nombreux urgentistes - manifestaient devant le siège parisien de l'AP-HP, où se tenait un conseil de surveillance avec le directeur général Martin Hirsch et la maire de Paris Anne Hidalgo.

Selon les syndicats, depuis lundi, une dizaine de services d'urgences ont rejoint le mouvement entamé mi-mars aux urgences de l'hôpital Saint-Antoine, à la suite d'une série d'agressions.

Les 7 syndicats de l'AP-HP avaient dans la foulée de la grève des urgentistes appelé à une grève de 24 heures vendredi dans tous les établissements, suivie selon la direction par 562 personnes soit un taux de mobilisation de 1,30% (grévistes absents et assignés).

Pour sa part, M. Prudhomme soulignait que "comme on est très limite en terme d'effectifs, on est au travail".

Les syndicats s'opposent à "la suppression de 1.000 postes par an sur 5 ans, à la fermeture de deux tiers des lits de gériatrie" à l'AP-HP, énumère M. Prudhomme.

Conditions d'exercice dégradées, impossibilité de faire "son travail correctement", patients qui attendent des heures sur des brancards... Les soignants dénoncent depuis des mois leurs conditions de travail. "On fait un week-end sur deux, et souvent un week-end en plus lorsque les collègues sont en vacances", explique Delphine, du service des urgences de Necker, qui manifestait vendredi.

"Même chez nous, le ton monte, des parents s'en prennent aux soignants", abonde Laure, également en poste aux urgences pédiatriques de Necker.

La réunion avec la direction vendredi matin n'a pas évoqué le problème spécifique des urgences, qui réclament 300 euros de prime et 700 emplois. Une réunion sur les urgences se tiendra mardi prochain, a indiqué Pierre-Emmanuel Lecerf.

Il a présenté aux syndicats des axes de travail sur "l'ascenseur social, la déprécarisation et l'élaboration d'une stratégie pour la gériatrie", évoquant une réunion "la semaine prochaine".

Christophe Prudhomme a déploré que la délégation n'ait pas été reçue par "M. Hirsch et Mme Hidalgo, qui n'ont pas voulu interrompre le conseil de surveillance pour nous voir".

S'ils n'obtiennent pas de réponse, les syndicats "monteront au niveau supérieur", c'est-à-dire au ministère de la Santé, promet-il.

La ministre Agnès Buzyn, interrogée sur Public Sénat vendredi matin a évoqué "une grève (des urgences) qui a lieu dans quelques hôpitaux, liée à des problèmes de sécurité, (consécutive) à quelques agressions".

"Je ne nie pas les problèmes de conditions de travail mais ce n'est pas ce qui a déclenché" le mouvement, a-t-elle dit, précisant que "les négociations sont en cours avec la direction de l'AP-HP".

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