Une région plongée dans la douleur après l'accident entre un car et un train

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 La carcasse du bus impliqué dans un accident avec un train régional à Millas, près de Perpignan, le 15 décembre 2017

La carcasse du bus impliqué dans un accident avec un train régional à Millas, près de Perpignan, le 15 décembre 2017

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© AFP, RAYMOND ROIG
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AFP, publié le dimanche 17 décembre 2017 à 10h15

"On a entendu une grosse explosion, comme si c'était une explosion de dynamite": il est 16H03 jeudi quand retentit la collision entre un car scolaire et un train, à Millas (Pyrénées-Orientales), un drame inexpliqué qui plonge toute une région dans la douleur et l'incompréhension.

L'accident s'est produit à une quinzaine de kilomètres à l'ouest de Perpignan, au niveau d'un passage à niveau. Sous la violence du choc, le bus a été pulvérisé, littéralement coupé en deux. "Une image que j'aurai du mal à oublier", assure le témoin de "l'explosion", Anthony Sifres. "Une véritable scène de guerre", affirme le préfet des Pyrénées-Orientales Philippe Vignes.

Un premier bilan fait état d'un mort et de très nombreux blessés parmi les 23 passagers du bus, tous élèves du collège Christian-Bourquin de Millas. Mais très rapidement, il monte à quatre morts et une vingtaine de blessés

Contenant avec peine son émotion, Robert Taillart, le maire de Saint-Féliu-d'Avall, annonce dans la nuit que toutes les victimes sont de son village. 

Le Premier ministre Edouard Philippe interrompt son déplacement dans le Lot. Le soir sur les lieux du drame, il confie que le processus d'identification des victimes va être "extrêmement difficile".

L'onde de choc de cet accident, à quelques jours des fêtes de Noël, est nationale. Le chef de l'Etat Emmanuel Macron tweete: "Toutes mes pensées pour les victimes de ce terrible accident (...) et pour leurs familles. La mobilisation de l'État est totale pour leur porter secours." 

L'identification des victimes est terminée vendredi au matin et les familles sont informées. Le collège ouvre malgré tout ses portes, en présence d'une cellule médico-psychologique forte d'une soixantaine de personnes afin que les élèves et les enseignants puissent "libérer la parole". 

- En larmes -

"J'ai pas arrêté de me réveiller" durant la nuit, témoigne Léa, en arrivant au collège. "J'ai lu plein de livres pour pas penser à ça et à chaque phrase que je lisais je pensais aux morts, aux 17 blessés légers, tout".

Beaucoup d'enfants sont en larmes. Les parents aussi sont bouleversés. Ainsi Magalie Garcia, qui se dit "bien sûr, solidaire. Je me sens particulièrement triste, évidemment, parce que je pense à tous ces enfants qui sont partis, à ces parents qui sont dans la douleur. Je me dis que ça aurait pu être ma fille", dit-elle, son enfant à ses côtés. 

Vendredi, le bilan s'alourdit: une cinquième victime succombe à ses blessures. Alan, Loïc, Ophélia, Yonas, Diogo sont morts. Dix-huit autres enfants sont blessés, neuf sont toujours en urgence absolue samedi. 

Sur les lieux de l'accident, les enquêteurs recueillent des éléments matériels, et très vite une question cruciale apparaît: les barrières du passage à niveau étaient-elles ouvertes ou fermées lorsque le bus scolaire a franchi les voies de chemin de fer ?

Les témoignages sont sur ce sujet contradictoires: la conductrice du véhicule, blessée dans l'accident, a assuré à son employeur que les barrières étaient levées. Elle va réitérer cette affirmation devant les enquêteurs, samedi. 

- 'Les petitous' -

Le conducteur du train, en revanche, a déclaré aux gendarmes avoir vu le car foncer dans la barrière fermée. 

Les témoignages sont tout autant contradictoires. 

Mais les enquêteurs recueillent samedi des "éléments matériels" sur la scène de l'accident, notamment "le bloc d'articulation de la barrière". Celui-ci tend à montrer que la barrière était fermée, selon le procureur de la République de Marseille, Xavier Tarabeux, qui s'est saisi de l'enquête pour "homicides et blessures involontaires".

Toutefois, tempère-t-il, l'enquête doit montrer si cette position fermée est "la résultante de l'accident" ou si la barrière a fonctionné normalement.

Dans la population, l'incompréhension est totale. La douleur aussi. Dès l'accident, le soutien psychologique s'est organisé. Outre celui mis en place au collège, une cellule d'aide psychologique s'installe à la mairie de Saint-Féliu-d'Avall, bouleversé par cette "catastrophe". "Le ciel nous est tombé sur la tête", se lamente Robert Tailland, le maire de la commune d'un peu plus de 2.000 habitants qui pleure ses "petitous".

Dans un message, le pape François s'associe "par la prière à la souffrance des familles éprouvées par ce drame ainsi qu'à la douleur des camarades, collégiens et collégiennes, des proches de toutes les victimes et de la population de la région".

Samedi, près de 200 personnes observent une minute de silence à Perpignan. A Saint-Féliu, comme dans d'autres villes des Pyrénées-Orientales, les décorations de Noël sont enlevées, des illuminations éteintes, des drapeaux mis en berne. 

 
16 commentaires - Une région plongée dans la douleur après l'accident entre un car et un train
  • Le conducteur du train tient à sa place et ne va pas aller à l'encontre de son employeur, c'est évident. e fait qu'il affirme que le bus a "foncé" sur la barrière ne plaide pas en sa faveur car il a été établi que le bus roulait à 12 km/h. Foncer à 12 km/h, cela n'a pas de sens.
    De mon expérience personnelle, je prends régulièrement le train pour me rendre à mon travail. Je ne compte plus le nombre de fois ou le train a du s'arrêter en pleine voie parce qu'un passage à niveau (souvent le même) refusait de se fermer. Il fallait attendre la venue de personnes afin de dépanner le passage à niveau pour que le train reparte. Alors je crois que la SNCF peut faire profil bas. L'état du réseau ferré en France est assez mauvais en de nombreux endroits. Souvenons nous de l'attitude de la SNCF lors de l'affaire de l'éclisse où un sabotage avait été évoqué; On a su plus tard que la SNCF avait caché des documents à l'instruction qui ne plaidaient pas en sa faveur. Et au final nous avons appris que les voies n'étaient mal entretenues et dans un état pitoyable.
    Nous allons une fois de plus tomber de haut dans cette affaire quand nous connaîtrons enfin la vérité. Mais ce n'est pas pour demain.

  • un accident c'est accident, pas besoin de faire tous un cinéma

  • je suis un peu comme certains, même si on a pas tous les éléments, si le bus a forcé le passage, la barrière est cassée, si la barrière n'est pas cassé, c'est que le bus est passé avant qu'elle s'abaisse.
    le délai entre le feu rouge et l'abaissement de la barrière, si tout le bus est passé sans arracher la barrière, cela me semble bizarre. je suppose que tout le bus, n'aurait pas pu passer sans arracher la barrière ou alors le délai est trop important ???????

    Des hypothèses logiques ont été évoquées qui expliquent rationnellement tout cela.

  • le chef de l état compatis!!! mdr.. cela ne l empêcheras pas de dormir !! qu il se taise!! il n es pas crédible!!

    Vous, pas plus. Vous ne savez même pas écrire correctement.

  • Que le chauffeur n'est pas entendu le signal sonore est possible, car le bruit dans un car scolaire est souvent pénible, avez vous eté dans une cantine d'enfants de primaire ou de college ? bonjour les decibels...
    Par contre facile de demontrer si les barrières etaient fermées ou ouvertes !! ouvertes elles sont encore sur le coté, fermées elles ont été emportées par le bus, !! peut etre plus facile pour la SNCF de mettre cela sur le dos de la femme qui conduisait le bus ? et la petite de 13 ans, qui dit que les barrières etaient ouvertes elle ment ,,,,,

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