Une "poussée" de l'épidémie de Covid-19 est probable en mars, estime l'épidémiologiste Arnaud Fontanet

Une "poussée" de l'épidémie de Covid-19 est probable en mars, estime l'épidémiologiste Arnaud Fontanet
Arnaud Fontanet le 25 novembre 2020.

, publié le dimanche 17 janvier 2021 à 14h50

Le membre du Conseil scientifique s'inquiète des effets des variants du Covid-19 et appelle à vacciner 100% des Français, y compris les enfants.

Après un an de crise sanitaire, le variant anglais du Covid-19 risque encore de compliquer la situation dans les prochains mois. Avant son apparition en novembre, le Royaume-Uni maîtrisait à peu près l'épidémie, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui. Et la France pourrait bien connaître le même sort, alerte dimanche 17 janvier l'épidémiologiste de l'Institut Pasteur Arnaud Fontanet. 




"Les scénarios montrent qu'on devrait arriver à tenir jusqu'au mois de mars. Malheureusement, par rapport aux variants, qui sont vraiment un changement dans la donne de cette épidémie, je n'ai pas d'argument rationnel pour vous dire qu'on ne va pas subir une progression de l'épidémie qui pourrait commencer en mars-avril", a expliqué le membre du Conseil scientifique lors de l'émission Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro. "Avant que le variant commence à faire parler de lui-même - et selon les scénarios qu'on a aujourd'hui c'est plutôt au mois de mars que sa poussée devrait se faire sentir -, eh bien il faut vider justement ces lits d'hôpitaux et ces lits de réa(nimation)", a-t-il ajouté.

En France, "il n'y a pas eu de reprise de l'épidémie aussi sévère que ce qu'on redoutait après les fêtes de fin d'année, mais il y a quand même une petite augmentation qui n'est pas anodine", a Arnaud Fontanet. "Ce qui est vraiment embêtant, c'est qu'on part avec un niveau d'occupation des lits qui est très élevé, en cette fin de deuxième vague", selon lui. "Et du coup on n'a pas beaucoup de marges de manoeuvre si l'épidémie redémarrait".

Il n'a pas préconisé de confinement dans l'immédiat. "C'est bien d'essayer de tout tenter pour ne pas aller vers un confinement, qui est une mesure toujours extrêmement lourde au niveau économique et social. En gardant quand même en tête que plus les mesures sont prises tôt, plus elles sont efficaces, donc il y a un dilemme", a expliqué cet épidémiologiste.

"Il faudra vacciner les enfants"

"Les variants vont certainement retarder la sortie de crise", a estimé le spécialiste. "Il faut vraiment que les vaccins puissent atteindre tous les pays du monde pour qu'on puisse se débarrasser du virus partout" sinon "on risque de favoriser l'émergence de nouveaux variants", a-t-il insisté, insiste Arnaud Fontanet. "Pour l'instant, ces variants ne sont que plus contagieux. Mais cette augmentation de la contagiosité de 50 % est considérable", a-t-il ajouté. Arnaud Fontanet juge ainsi qu'en l'absence de traitement efficace, la proportion des Français se faisant vacciner contre le Covid-19 devra être la plus élevée possible. "Pour moi ça devrait être 100%. A partir du moment où on sait que le vaccin marche, et que le vaccin n'a pas d'effet indésirable, pourquoi s'en priver?".

"Maintenant qu'on sait que ces variants sont finalement plus transmissibles que le virus qu'on connaissait, ça veut dire aussi que la couverture vaccinale devra être plus importante que ce qu'on anticipait jusqu'à présent", d'après le médecin. "Il faudrait pouvoir vacciner 8 millions de personnes avant fin mars, puis 12 millions en avril", a-t-il expliqué, rappelant que "c'est une chance incroyable de disposer de vaccins". Arnaud Fontanet s'est dit "optimiste sur une échelle de six mois" pour une vaccination de l'ensemble de la population adulte. "Il faudra vacciner les enfants", a-t-il conclu. 

La veille, le professeur Alain Fischer, le "Monsieur vaccin" du gouvernement", avait également ouvert la voie à la vaccination des plus jeunes. 

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