Une jihadiste française expulsée de Turquie, mise en examen et incarcérée

Une jihadiste française expulsée de Turquie, mise en examen et incarcérée
(illustration)

publié le mardi 24 août 2021 à 15h07

Évadée d'un camp kurde dans le nord de la Syrie, elle a passé huit mois à la frontière turque avant de se rendre et d'être expulsée après un an de captivité.

Elle avait rejoint la Syrie en 2014 avec ses deux enfants, avant d'y épouser un jihadiste français proche des commandos du 13 novembre 2015. Lolita C. a été mise en examen et incarcérée le 13 août en France après son expulsion par la Turquie, a-t-on appris mardi 24 août auprès du parquet national antiterroriste (Pnat), confirmant une information du Parisien.

Elle a été mise en examen pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle" et "soustraction d'un parent à ses obligations légales", puis placée en détention provisoire, a indiqué le Pnat.

Ses quatre enfants, dont deux sont nés en Syrie, ont été confiés à l'Aide sociale à l'enfance (Ase), a-t-il précisé. Lolita C., 32 ans, avait été expulsée de Turquie le 10 août avec ses enfants, dans le cadre du protocole Cazeneuve.


Selon Le Parisien, la jeune femme, originaire de Rennes et convertie à l'islam en 2009, s'était installée en Syrie à l'été 2014 avec ses deux garçons. Sur place, elle avait épousé religieusement Lakhdar Sebouai, membre de la filière strasbourgeoise qui avait rejoint les rangs du groupe État islamique en décembre 2013. 

Surnommé Abu Ali al Faransi et proche de membres des commandos du 13 novembre 2015, il est soupçonné d'avoir commandité un attentat déjoué en 2016 en région parisienne. Les trois hommes qui devaient réaliser cet attentat ont été condamnés en février par la cour d'assises spéciale à des peines de 22 à 30 ans de réclusion criminelle, assorties d'une période de sûreté des deux tiers.

Après la chute du groupe État islamique en 2019, Lolita C. a été détenue dans le camp sous contrôle kurde d'Aïn Issa, dans le nord de la Syrie, selon Le Parisien. Elle s'en est échappée quelques mois après, à la faveur du chaos provoqué par l'offensive militaire turque dans cette région. Installée à la frontière turque, elle s'est rendue "huit mois plus tard" et a été expulsée vers la France après "un an de captivité", précise le quotidien.

Depuis 2014, près de 300 personnes ont été renvoyées en France depuis la Turquie, en vertu du "protocole Cazeneuve", accord de coopération entre les deux pays portant le nom de l'ex-ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, pour organiser le retour sur le territoire des jihadistes français qui sont entre les mains des autorités turques.

Fin juillet, deux femmes ont été expulsées de Turquie avec leurs enfants puis incarcérées, dont Henen Ben Chaieb, autre épouse de Lakhdar Sebouai.

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