Une Française accuse Roman Polanski de l'avoir violée en 1975

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Robin lors d'une conférence de presse à Los Angeles, le 15 août 2017
Robin lors d'une conférence de presse à Los Angeles, le 15 août 2017
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© AFP, FREDERIC J. BROWN

AFP, publié le samedi 09 novembre 2019 à 15h58

Une Française a accusé vendredi Roman Polanski de l'avoir violée en 1975 en Suisse alors qu'elle avait dix-huit ans, dans un témoignage publié par le journal Le Parisien à quelques jours de la sortie du nouveau film du cinéaste, toujours sous le coup de poursuites de la justice américaine. 

Valentine Monnier, dont les accusations s'ajoutent à celles d'autres femmes ces dernières années, indique ne pas avoir déposé plainte pour ces faits, prescrits. Mais elle affirme avoir décidé de porter publiquement cette accusation en raison de la sortie en France du film "J'accuse", qui porte sur une erreur judiciaire, l'affaire Dreyfus.

"Je n'avais aucun lien avec lui, ni personnel, ni professionnel et le connaissais à peine", raconte au Parisien cette photographe, qui a été mannequin à New York et a joué dans quelques films dans les années 80, comme "Trois hommes et un couffin".

"Ce fut d'une extrême violence, après une descente de ski, dans son chalet, à Gstaad (Suisse). Il me frappa, roua de coups jusqu'à ma reddition puis me viola en me faisant subir toutes les vicissitudes", déclare cette fille d'industriels alsaciens.  

L'avocat du cinéaste, Hervé Temime, affirme au Parisien que Roman Polanski "conteste fermement toute accusation de viol" et observe que ces faits allégués datant d'il y a 45 ans "n'ont jamais été portés à la connaissance de l'autorité judiciaire".

Sollicité par l'AFP, l'avocat n'a pas souhaité faire d'autres commentaires dans l'immédiat.

Valentine Monnier précise dans ce témoignage avoir raconté plus tard cette nuit dans le chalet du réalisateur à sa meilleure amie, puis à celui qui deviendra son petit ami pendant quatre ans. Tous deux, joints par le Parisien, confirment sa version. 

Depuis 2017, encouragée par le scandale Weinstein, Valentine Monnier dit aussi avoir raconté son histoire dans des lettres à la police de Los Angeles, à Brigitte Macron, Franck Riester et Marlène Schiappa.

La lettre de la secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité hommes-femmes, communiquée à l'AFP par son cabinet et datée de mars 2018, salue le courage de Mme Monnier "d'avoir osé briser un silence de 42 ans". La ministre "compatit" à sa douleur, tout en soulignant que "les faits sont prescrits pour la justice française". 

C'est une lettre qui est adressée à toutes les femmes qui lui écrivent pour trouver un soutien, et exprimant un soutien inconditionnel qui est évident, fait-on valoir à son cabinet.

Roman Polanski est toujours poursuivi par la justice américaine dans le cadre de la procédure pour détournement de mineure lancée à son encontre en 1977. 

Il avait alors plaidé coupable de détournement de mineure après avoir eu des relations sexuelles illégales avec Samantha Geimer, âgée de 13 ans. Ce seul chef d'accusation retenu était le résultat d'un accord à l'amiable avec le juge, après que Polanski eut été inculpé initialement de chefs d'accusation plus graves, notamment viol d'une mineure sous l'emprise de stupéfiants. 

Condamné à 90 jours de prison, il avait été libéré après 42 jours. Mais le juge avait ensuite estimé la sentence insuffisante. Polanski avait choisi de s'envoler pour la France. Il est depuis sous le coup d'un mandat d'arrêt. 

Il a depuis été visé par d'autres accusations. En plein festival de Cannes en 2010, l'actrice britannique Charlotte Lewis avait accusé le réalisateur d'avoir "abusée (d'elle) sexuellement" à 16 ans lors d'un casting en 1983. Une deuxième femme, identifiée comme "Robin", l'a accusé en août 2017 d'agression sexuelle lorsqu'elle avait 16 ans, en 1973. En septembre 2017, Renate Langer, une ancienne actrice, déposait une nouvelle plainte pour viol, affirmant avoir été agressée en 1972 à Gstaad alors qu'elle avait 15 ans. Deux mois plus tard, la justice suisse déclarait ces accusations prescrites.

Toutes ces accusations sont "sans fondement", avait déclaré l'avocat du réalisateur.

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