Une figure du narcobanditisme jugée pour blanchiment à Marseille

Une figure du narcobanditisme jugée pour blanchiment à Marseille

Photo prise le 10 décembre 2004 au palais de justice de Paris de l'inscription latine "Justitia" sur le dallage de la salle des Pas perdus. AFP PHOTO JACQUES DEMARTHON

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AFP, publié le lundi 23 octobre 2017 à 16h25

Une figure du narcobanditisme, un ex-notaire, un agent immobilier en fuite... Au total, neuf personnes sont jugées depuis lundi dans une vaste affaire de blanchiment d'argent lié à un trafic de drogue par le tribunal correctionnel de Marseille.

Au centre de ce procès, Sabri Chorfia, 34 ans, figure incontournable du trafic de stupéfiants, est soupçonné de s'être constitué un patrimoine immobilier supérieur à 2,3 millions d'euros avec l'argent du trafic. L'homme, condamné en 2016 à un total de 19 années de prison pour une importation de cocaïne depuis la République Dominicaine et pour un trafic de drogue et d'armes dans la cité phocéenne, est libérable en mai 2028.

Dans cette affaire, le trafic de drogue a permis l'acquisition d'une vingtaine de biens immobiliers dont deux immeubles, trois maisons et un bar par la compagne de Sabri Chorfia, Nawel Lassami, et sa mère, Djanette Boutobba, via quatre Sociétés civiles immobilières notamment, selon l'accusation. Deux de ses oncles détenaient également des parts dans ces sociétés.

Les biens immobiliers - d'un montant allant de 10.000 euros à 300.000 euros - étaient acquis avec d'importants dessous de table, ont indiqué les enquêteurs, et des travaux payés cash pour un total de 400.000 euros permettaient de constituer d'importantes plus-values lors de revente. Estimé à 2.388.000 euros, ce patrimoine rapportait chaque mois quelque 13.000 euros de loyers. La majorité de ces biens ont fait l'objet de saisies judiciaires.

En outre, Sabri Chorfia et ses proches auraient empoché, entre 2007 et 2012, 317.835 euros auprès du PMU et La Française grâce à 71 gains. Selon le juge d'instruction, les tickets étaient rachetés en liquide à d'heureux gagnants pour "justifier l'origine des apports immobiliers".

L'enquête a permis de "tracer" des fonds d'origine occulte injectés dans les acquisitions immobilières d'un montant supérieur à un million d'euros.

Ancien notaire à Istres (Bouches-du-Rhône), Richard Jumelet, 53 ans, se voit reprocher des "actes illicites destinés à faciliter l'emprise du banditisme" mais celui-ci réfute toute accointance avec le crime organisé, et expliqué avoir manqué de vigilance. 

La multiplication d'achats immobiliers de la part d'acquéreurs au RSA ou fonctionnaires territoriaux avec de petits salaires aurait du entraîner une alerte à Tracfin, estime l'accusation. L'ex-notaire avait aussi remis une réquisition judiciaire de la police judiciaire à la compagne de Sabri Chorifia, ce qui lui vaut de comparaître également pour violation du secret professionnel. 

Le procès doit durer jusqu'à vendredi.

 
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