Une autoroute ferroviaire à l'arrêt à cause des intrusions répétées de migrants

Une autoroute ferroviaire à l'arrêt à cause des intrusions répétées de migrants
Des migrants au bord de l'autoroute menant au Tunnel sous la Manche, en août 2015 (photo d'illustration).

Orange avec AFP, publié le samedi 09 juillet 2016 à 11h40

- La plus longue ligne de ferroutage d'Europe, reliant l'Espagne à la Grande-Bretagne via Calais, a été suspendue temporairement vendredi à cause des intrusions répétées de migrants dans les remorques transportées par train. -

La ligne de ferroutage VIIA Britanica reliant l'Espagne via Le Boulou (Pyrénées-Orientales) à la Grande-Bretagne via Calais a tenu trois mois.

Longue de 1.200 kilomètres, cette ligne de ferroutage, mise en service le 30 mars, permet la circulation de semi-remorques non accompagnées, c'est-à-dire sans chauffeur. Au terminal ultra-moderne de Calais, les remorques sont amenées sur les ponts-garages des ferries transmanche directement à partir des wagons des trains. Cela sans utiliser de grues.

LES CONDITIONS DE SÉCURITÉ "INSUFFISANTES"

Initialement prévue pour janvier 2016, son ouverture avait été reportée de plusieurs semaines à cause de la présence des migrants à proximité de la ligne. Le ministère de l'Intérieur avait décidé de repousser son lancement, jugeant les conditions de sécurité "insuffisantes". Bernard Cazeneuve craignait que les candidats à l'exil tentent de s'introduire sur les convois qui circulent à vitesse très réduite sur une voie ferrée traversant le centre-ville de Calais et passant à proximité du camp de migrants, où vivent quelque 4.500 migrants selon les autorités et 6.100 selon les associations.


"Les conditions de sécurité actuelles aux abords du port de Calais" ne permettent pas "à ce stade d'envisager sereinement la poursuite du service d'autoroute ferroviaire", a affirmé vendredi 8 juillet le port de Boulogne-Calais. En cause ? Une "recrudescence ces dernières semaines des intrusions de migrants dans les remorques transportées par train". Le port assure qu'il va "redoubler d'efforts" pour "établir un accès ferroviaire durablement sûr au port de Calais le plus rapidement possible".

UNE SITUATION PRÉJUDICIABLE POUR LE CALAISIS ?

Pour Jean-Marc Puissesseau, le PDG du port, cette suspension, "bien que regrettable", n'affectera la performance économique du port "que de manière marginale". Il assure "être confiant" d'un redémarrage "dans un futur proche". La maire de Calais, Natacha Bouchart, a affirmé de son côté que l'arrêt temporaire de l'activité de l'autoroute ferroviaire était "une nouvelle preuve, s'il en fallait encore une, de l'urgente nécessité de démanteler la zone Nord de 'la lande'".

"C'est un préjudice supplémentaire pour les transporteurs", a lui jugé le secrétaire général de la Fédération nationale des transporteurs routiers (FNTR) du Pas-de-Calais, Sébastien Rivera dans La Voix du Nord. "Cette nouvelle ligne permet de démarcher de nouveaux clients. C'est quand même fou qu'un tel projet, qui va dans le sens de l'histoire avec la réduction du trafic routier sur un millier de kilomètres, disparaît à cause de la situation migratoire".

La construction du terminal ferroviaire à coûté plus de sept millions d'euros. Le projet a largement été financé par des fonds européens. Selon VIIA, ce service devait permettre de faire circuler 40.000 semi-remorques par an d'ici cinq ans, soit l'économie de 50.000 tonnes de CO2 par an.

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