Une année "désastreuse" pour le miel

Une année "désastreuse" pour le miel
Seule la récolte de miel de lavande a tiré son épingle du jeu.
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publié le mardi 19 octobre 2021 à 12h50

La récolte de cette année sera réduite de moitié par rapport à 2020. En cause : la météo.

La "pire année de l'apiculture française".

La récolte de miel 2021 se situera entre 7.000 et 9.000 tonnes seulement, soit moins de la moitié de celle de 2020, du fait des conditions climatiques très défavorables du printemps et de l'été, a déploré lundi 18 octobre l'Union nationale de l'apiculture française, l'Unaf. En 2020, qui avait été une bonne année, 18.000 à 20.000 tonnes avaient été produites, contre moins de 10.000 tonnes en 2019. En 1995, la France produisait environ 32.000 tonnes de miel

"Le bouleversement climatique, ressenti par les apiculteurs depuis une bonne quinzaine d'années est bien là", estime l'Unaf. Dans de très nombreuses régions, de longues périodes de gel, de froid et de pluies se sont succédé durant tout le printemps et une bonne partie de l'été. "Les abeilles n'ont pas pu bénéficier des floraisons", relève l'Unaf.



Moins de miel français dans les magasins 

Si les récoltes de miel de colza se sont révélées "médiocres" dans la plupart des régions, les récoltes de miel d'acacia, "anéanties par les gelées tardives et les pluies", ont été "nulles sur tout le territoire", déplore l'Unaf. Dans le Sud, les récoltes de miel de printemps comme le romarin, le thym, la bruyère blanche ou la garrigue, ont été "nulles ou médiocres". Les récoltes de miel de châtaignier, elles, sont "partout médiocres", indique encore l'organisation.

En montagne, "les miellées se sont avérées globalement mauvaises car souvent trop brèves". Dans l'Est, celles de forêt ou de sapin, sont "quasiment nulles". La récolte de tournesol varie mais "reste souvent décevante", relève l'Uniaf. Seule la récolte de miel de lavande a "tiré son épingle du jeu" dans le Sud-Est. "Il y aura moins de miel français dans les magasins mais beaucoup de miel étranger", a regretté Christian Pons, le président de l'Unaf.


En outre, les apiculteurs s'inquiètent pour leurs abeilles. "En raison du manque d'apport de nectar qui a engendré des réserves plus que réduites pour l'hivernage, de nombreux apiculteurs se demandent si leur cheptel parviendra à survivre à l'hiver dans de bonnes conditions", souligne l'organisation. Seul petit point de consolation pour les apiculteurs : la prédation du frelon a été très faible en 2021. Comme les abeilles, il a souffert des mauvaises conditions météorologiques.

En juillet, l'Unaf a alerté les services de l'Etat pour que soit mis en oeuvre le régime des calamités agricoles afin d'aider les apiculteurs à passer ce cap. Plusieurs départements ont déjà enclenché la procédure.
 

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