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Une affaire d'adultère derrière l'agression du prêtre orthodoxe

Une affaire d'adultère derrière l'agression du prêtre orthodoxe
Des policiers examinent l'entrée de l'église orthodoxe grecque à Lyon après une agression sur un prêtre, le 31 octobre 2020

, publié le samedi 07 novembre 2020 à 17h10

Deux jours après l'attentat de Nice, certains avaient dénoncé une nouvelle attaque terroriste, mais les coups de fusil reçus par un prêtre orthodoxe la semaine dernière à Lyon relèvent en réalité d'une affaire d'adultère: le mari trompé a reconnu les faits.

Cet homme de 40 ans et de nationalité géorgienne a avoué, en garde à vue, avoir tiré sur le Grec Nikolaos Kakavelakis, 52 ans, le 31 octobre devant une église de la ville.

Il "s'avère être le mari d'une femme qui entretenait une liaison avec la victime", a indiqué samedi le procureur de la République à Lyon, Nicolas Jacquet, ajoutant que l'enquête menée par la police judiciaire "va se poursuivre pour établir le mobile et le déroulement exact des faits".

Le suspect sera déféré dimanche au parquet dans le cadre de l'ouverture d'une information judiciaire, selon le magistrat, pour qui "la piste terroriste est définitivement écartée".

La victime, grièvement blessée à l'abdomen et au thorax par deux tirs à bout portant de fusil à canon scié, était sortie du coma mardi après avoir été opérée. Son audition par les enquêteurs a conduit à l'arrestation de son agresseur présumé, vendredi à son domicile lyonnais.

D'après le quotidien Le Parisien qui a révélé l'information, la victime aurait elle-même orienté les enquêteurs sur la piste d'un mari jaloux.

La conjointe du suspect, russe et trentenaire, a été interrogée dans le cadre d'une audition libre et a confirmé l'adultère, selon le journal qui ajoute que l'agresseur aurait jeté son arme dans la Saône après les faits.

L'agression de Nikolaos Kakavelakis devant l'église orthodoxe grecque du 7e arrondissement de Lyon, survenue deux jours après l'attentat à la basilique de Nice, avait immédiatement été perçue et condamnée, en France et à l'étranger, comme une nouvelle attaque terroriste.

- "Attaques anti-chrétiens" -

En déplacement à Saint-Étienne-du-Rouvray où avait été assassiné en 2016 le père Hamel, le Premier ministre Jean Castex avait affirmé "l'entière détermination du gouvernement et de la République pour permettre à tous et à chacun de pratiquer son culte en toute sécurité et en toute liberté".

"Quand ces attaques anti-chrétiens s'arrêteront-elles ? Comment la France a-t-elle pu en arriver là ?", s'était interrogé Nicolas Dupont-Aignan, président du parti Debout la France (DLF). 

Des sources policières et religieuses avaient pourtant incité rapidement à la prudence sur les motifs de l'agression, en l'absence de revendication et compte tenu de la personnalité controversée de la victime, en poste depuis une dizaine d'années mais qui avait posé sa démission un mois auparavant.

Habitant un logement au-dessus de l'édifice religieux, il avait des relations conflictuelles avec "trois ou quatre membres de la communauté", selon Georges Vassilakis, responsable régional de la Métropole grecque orthodoxe de France.

En particulier avec un homme ayant porté plainte contre lui à plusieurs reprises, avant d'être condamné pour diffamation par le tribunal correctionnel de Lyon en 2018. Ce moine, qui fut candidat aux législatives en 2017 sous l'étiquette DLF, a été entendu et mis hors de cause par les enquêteurs.

Il a cependant été montré du doigt sur les réseaux sociaux, notamment par le leader de La France Insoumise Jean-Luc Mélenchon, auteur d'un tweet accusateur qui a ulcéré le parti de M. Dupont-Aignan.

Avant de s'orienter sur la piste de l'adultère, l'enquête avait aussi donné lieu à l'interpellation, peu après les faits, d'un SDF pouvant correspondre au signalement donné de l'agresseur. Il avait été relâché le lendemain, un médecin ayant préconisé son placement en psychiatrie.

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