Une 4e vague de Covid-19 à la rentrée ? Tout dépend de la vaccination, pour l'Institut Pasteur

Une 4e vague de Covid-19 à la rentrée ? Tout dépend de la vaccination, pour l'Institut Pasteur
(Photo d'illustration)

publié le mardi 29 juin 2021 à 17h18

L'évolution de l'épidémie de Covid-19 dans les prochains mois va dépendre des mesures prises et de la campagne de vaccination, estiment les chercheurs de l'Institut Pasteur. "Une personne non-vaccinée a 12 fois plus de risque de transmettre le Covid-19 qu'une personne vaccinée", assurent-ils notamment.

Alors que la vie reprend de plus en plus normalement, avec notamment la dernière phase de déconfinement qui débute mercredi, la crise du Covid-19 est loin d'être terminée, mettent en garde les chercheurs.

Au début du mois, le professeur Jean-François Delfraissy tablait sur un été relativement tranquille avant une possible reprise à la rentrée. Une hypothèse possible, estime également l'Institut Pasteur. 



Alors que le variant Delta progresse inexorablement en France, l'Institut Pasteur a publié lundi 28 juin une mise à jour de ses travaux de modélisation de la dynamique de l'épidémie dans l'Hexagone. Le scénario de référence est le suivant : un "R0" (le nombre de personnes qu'un individu infecté va contaminer en moyenne sans aucune mesure de contrôle) de 4, une efficacité des vaccins contre les hospitalisations de 95 % et une couverture vaccinale complète de 30 % des 12-17 ans, de 70 % des 18-59 ans et de 90 % des plus de 60 ans. 

Dans ce cas, "un pic d'hospitalisations comparable au pic de l'automne 2020 pourrait être observé en l'absence de mesures de contrôle", soit plus de 2.500 par jour, écrivent les scientifiques. "Un certain niveau de contrôle de l'épidémie pourrait donc être nécessaire cet automne", assurent-ils. 

Les personnes non-vaccinées contribueraient "de façon disproportionnée à la transmission", expliquent les scientifiques. "Une personne non-vaccinée a 12 fois plus de risque de transmettre le Covid-19 qu'une personne vaccinée", avancent-ils. Les non-vaccinés de plus de 60 ans représenteraient 3% de la population mais 35% des hospitalisations, estiment-ils. 

"La situation des enfants et adolescents, qui devraient être peu vaccinés cet automne, est une source d'inquiétude", écrivent également les chercheurs. Selon le scénario de référence, ils représenteraient la moitié des infections et seraient à l'origine de la moitié des contaminations.

Des restrictions moins importantes grâce à la vaccination

Pour éviter une telle situation, l'Institut Pasteur juge qu'il faudrait continuer d'appliquer certaines mesures et insiste sur l'importance de la vaccination. Aujourd'hui, leurs prévisions sont loin d'être atteintes : 70% des plus de 60 ans sont vaccinés actuellement et 12,8% des 18-59 ans. Le gouvernement vise l'objectif de 35 millions de Français pleinement vaccinés d'ici fin août. 

Si la campagne de vaccination se poursuit efficacement, il ne devrait pas y avoir besoin d'aller aussi loin que le confinement. "C'est un message d'espoir : grâce la vaccination, l'effort nécessaire ne sera pas aussi important que ce qu'on a pu connaître", indique au Parisien Simon Cauchemez, auteur principal de l'étude.

Tester chaque semaine la moitié des habitants âgés d'au moins 12 ans et non vaccinés pourrait réduire le pic des hospitalisations quotidiennes de 27 % (avec des autotests) ou de 32 % (avec des tests faits par des professionnels). La distanciation physique ou le port du masque, auraient aussi un important impact. Si la couverture vaccinale grimpe à 90 % chez les 18-59 ans, le pic des hospitalisations quotidiennes serait plutôt autour de 1.000. On peut arriver à limiter la transmission du Covid-19 "en respectant les gestes barrière, en continuant à faire un peu attention, à porter le masque dans certaines situations...", assure Simon Cauchemez. 

L'Institut Pasteur met par ailleurs en avant un point qui pourrait convaincre les Français de se vacciner : les résultats seraient quasiment les mêmes si ces restrictions ne s'appliquaient qu'aux personnes non vaccinées. "Cela suggère que, dans une population partiellement vaccinée, des mesures de contrôle ciblant les personnes non-vaccinées (par exemple avec le pass sanitaire) pourraient permettre de maximiser le contrôle de l'épidémie tout en minimisant le coût pour la société", estiment les chercheurs. "Cela soulève néanmoins des questions éthiques et sociales qu'il est important d'explorer", soulignent-ils. 
 

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