Un retour à la vie normale cet automne ? A condition d'accélérer la vaccination, prévient l'Institut Pasteur

Un retour à la vie normale cet automne ? A condition d'accélérer la vaccination, prévient l'Institut Pasteur
La Baule, le 5 avril 2021.

, publié le mercredi 07 avril 2021 à 10h31

Selon les modélisations de l'Institut Pasteur, il faudrait que 90% de la population adulte soit vaccinée d'ici au 1er septembre pour pouvoir mettre fin aux mesures de restrictions. 

Alors que l'ensemble des Français sont depuis le week-end dernier soumis à de nouvelles mesures de restrictions de déplacements et que les écoles sont fermées pour trois à quatre semaines pour faire face à l'épidémie de Covid-19, Emmanuel Macron a assuré mardi 6 avril devant des collégiens un assouplissement des mesures à la mi-mai et cet été. Mais malgré la montée en puissance de la vaccination, le retour à la vie normale est loin d'être assuré dans les prochains mois, prévient l'Institut Pasteur.



Depuis le début de l'épidémie en mars 2020 et mars 2021, environ 20% des Français ont été infectés par le Covid-19, "ce qui est très en dessous de l'immunité collective", notent tout d'abord les scientifiques dans leur dernière étude mise en ligne mardi.

Selon leurs estimations, seuls 25 % à 35 % des Français pourraient avoir été contaminés d'ici le 1er septembre, ce qui signifie qu'un niveau de vaccination très élevé devra être atteint pour que l'épidémie reste "sous contrôle".



La stratégie française de vacciner les publics les plus fragiles en priorité était une bonne chose, car elle a permis de réduire les décès et hospitalisations en début de campagne, souligne l'équipe de Simon Cauchemez, modélisateur à l'Institut Pasteur et membre du Conseil Scientifique. Mais cela ne suffira pas. 

Partant du principe que les vaccins réduisaient de 90 % le risque d'apparition d'une forme grave de la maladie et de 80 % celui d'être infecté et que le variant britannique, désormais majoritaire en France, était plus contagieux, les chercheurs estiment qu'il faudrait atteindre  90 % de toute la population adulte vaccinée à l'automne pour pouvoir se passer de mesures restrictives. L'objectif est de rester en dessous du seuil jugé "acceptable" de 1.000 hospitalisations quotidiennes, au-delà duquel se trouve la France depuis mi-octobre.

"C'est un objectif ambitieux", reconnaît Simon Cauchemez auprès du Monde. A l'heure actuelle 3,2 millions de personnes ont été vaccinées (deux doses), soit 6,2% de la population majeure, et 9,5 millions ont reçu leur première injection, soit 18,1% de la population majeure. 

Emmanuel Macron a promis à plusieurs reprises que la totalité des Français qui le souhaitent pourront avoir été vaccinés d'ici la fin de l'été. Mais selon la dernière enquête de Santé publique France, seuls 58 % des 50-64 ans ont l'intention de se faire vacciner, un chiffre qui tombe à 36% pour les 18-24 ans. 

Et la vaccination des enfants ?

De telles prévisions interrogent sur la vaccination des enfants et adolescents, ce qui n'est pas prévu pour le moment.  "Si seuls les adultes sont vaccinés, une épidémie importante est malgré tout attendue chez les enfants, contribuant à l'infection des parents et des grands-parents non protégés", expliquent en effet les modélisateurs. Si les enfants étaient aussi vaccinés, une vaccination de 60 % à 70 % des moins de 65 ans et de 90 % des plus de 65 serait suffisante, soulignent-ils.

"S'il est démontré que les vaccins sont sûrs et efficaces chez les enfants, les vacciner pourrait être intéressant afin de réduire la circulation du virus dans cette tranche d'âge et ne pas la laisser en capacité de transmettre le virus à des personnes fragiles et non protégées", insiste Simon Cauchemez auprès du Parisien.

Le scientifique explique par ailleurs que ces chiffres ne sont que des prévisions et que tout peut être remis en cause. "Il ne faut être ni dans une position de fervent croyant ni de sceptique complet, mais trouver une sorte de juste milieu. Je serais ravi si des niveaux de couverture vaccinale moindres suffisaient à retrouver une vie normale", assure-t-il dans Le Parisien.  


 

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