Un restaurateur de Nice menacé de mort après les attentats

Un restaurateur de Nice menacé de mort après les attentats©Reuters

, publié le dimanche 17 juillet 2016 à 16h53

Les gérants du restaurant Le Grand Balcon à Nice ont été victimes d'un véritable lynchage médiatique quelques heures après la tragédie du 14 juillet, qui a fait 84 morts sur la promenade des Anglais. Comme le rapporte Nice-Matin, tout est parti de deux posts sur Facebook, écrits par deux jeunes filles qui accusent Karine Marro, propriétaire du restaurant, d'avoir fermé les portes de son établissement aux gens qui cherchaient un refuge dans la panique générale après l'attaque du camion.

"Un homme a bloqué l'entrée de son restaurant lorsqu'on a voulu se mettre à l'abri avec trois amies lors de l'attaque.

Il nous a même poussées et nous a hurlé dessus. Son restaurant est "Le grand balcon". Je compte sur vous pour lui faire de la pub", a écrit l'une d'elles, âgée de 18 ans, sur son mur Facebook. Le post a été partagé plus de 100 000 fois en moins de 24 heures, avant d'être supprimé.

Jeudi soir, le restaurant, situé rue Saint-François-de-Paule, une rue adjacente à la promenade des Anglais, est déjà bien rempli avant le mouvement de panique. Sur instructions de la police, les restaurateurs ont fermé les portes après avoir accueilli de nombreuses personnes. C'est là que les versions divergent. Un homme qui barre l'entrée de manière brutale selon certains témoins, le gérant qui s'inquiète de la sécurité de ses clients et l'angoisse qui monte dans l'établissement où les informations s'entrechoquent sans vérification.

Après la publication des messages de colère des deux jeunes filles, la toile s'est alors enflammée. Sur les réseaux sociaux, une cabale contre les restaurateurs a dévié en insultes et menaces de mort. La page Facebook du Grand Balcon a été assaillie de messages haineux. Au point de pousser à bout Karine Marro, très affectée par la tournure des événements. «Jeudi soir, on a mis 200 personnes à l'abri, on a suivi les instructions de la police et du raid, j'ai fait comme tous les restaurateurs de Nice, et je suis attaquée de toutes parts, a-t-elle lancé dans Le Figaro. Je reçois un appel toutes les deux secondes, un mail toutes les dix secondes. On est là depuis quatre générations à Nice, je fais mon métier avec passion, la seule chose que je demande c'est de travailler». La gérante du Grand Balcon a décidé de porter plainte pour diffamation.

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