Un réfugié afghan condamné à 10 mois de prison avec sursis pour violation des conditions de sa surveillance

Un réfugié afghan condamné à 10 mois de prison avec sursis pour violation des conditions de sa surveillance©DENIS CHARLET / AFP

publié le mercredi 25 août 2021 à 22h03

Cet homme, proche d'un autre Afghan, qui aurait eu un lien avec les talibans, a été interpellé lundi.

L'Afghan placé en garde à vue après être sorti de la zone de surveillance qui lui avait été imposée par le ministère de l'Intérieur à son arrivée de Kaboul a été jugé ce mercredi 25 août en comparution immédiate.



Il a été condamné à 10 mois de prison avec sursis, comme l'a confirmé son avocate Alice Ouaknine auprès des médias. "Il a été un peu abasourdi par toute la procédure, je crois qu'il n'a pas très bien compris la peine - je lui ai un peu rééxpliqué derrière.

Il n'était pas sûr de sortir, quand je lui ai expliqué, il était assez soulagé", a-t-elle fait savoir, notamment au micro de BFMTV.

Puis de continuer : "Sa version à lui, c'est qu'il était malade et qu'il souhaitait acheter des médicaments. Il s'était fait accompagner par quelqu'un qui connaissait mieux que lui Paris. Il a précisé qu'il n'avait pas l'intention d'aller à Paris."

A son arrivée de Kaboul dans la nuit de samedi à dimanche, Ahmat M., s'était vu notifier avec quatre autres Afghans une "mesure individuelle de contrôle administratif et de surveillance" (Micas), prévue dans le cadre des lois antiterroristes.

Logé avec sa femme, sa petite fille de 3 mois et plusieurs autres membres de sa famille dans un hôtel de Noisy-le-Grand, Ahmat M. avait pour interdiction de sortir de cette commune à l'Est de Paris.

Il a toutefois été interpellé lundi en fin d'après-midi dans une épicerie du XVIIIe arrondissement de Paris, où il aurait été repéré car il ne portait pas de masque.

Procureur en Afghanistan

Né en 1991, selon les procès-verbaux cités à l'audience, cet homme, qui a dit avoir été procureur en Afghanistan avant de reprendre des études de droit, a expliqué avoir voulu acheter des médicaments car il souffrait de maux de tête et de vomissements depuis son arrivée en France.

Dans des propos parfois confus, il a raconté avoir suivi un homme vivant dans le même hôtel qui lui aurait proposé de lui acheter ces médicaments, sans comprendre qu'il se rendait à Paris.

Interrogé par les enquêteurs, cet homme a pour sa part dit qu'Ahmat M. lui avait demandé de l'accompagner à Paris pour acheter des cartes SIM.

Ahmat M. a par ailleurs laissé entendre qu'il n'avait pas compris faire l'objet d'une mesure de surveillance, affirmant qu'il était absent lorsque le commissaire était venu avec un traducteur lui notifier cette dernière et que c'était sa femme qui avait signé le document, un argument qui n'a pas convaincu le tribunal.

Un lien avec des talibans qui "reste à définir"

"Ce n'est pas le dossier d'un taliban en France livré à lui-même, c'est le dossier d'un homme qui a fui son pays avec sa femme et sa fille de trois mois" et qui a été arrêté pour être "allé au supermarché", a plaidé son avocate, Me Alice Ouaknine.

La représentante du ministère public avait requis une peine "ferme et dissuasive" de 12 mois de prison, dont six mois avec sursis.

Cet homme fait partie de l'entourage "d'un Afghan qui a aidé à l'évacuation de Français, de personnes qui ont travaillé pour la France lors de l'évacuation de l'ambassade", avait indiqué mardi le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal.

Ce dernier, principal profil surveillé, "aurait eu un lien avec des talibans, à un moment donné, qui reste à définir", avait-il ajouté.

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