"Un reconfinement en urgence doit être anticipé", prévient Jean Castex

"Un reconfinement en urgence doit être anticipé", prévient Jean Castex
Jean Castex, le 29 avril 2020, au ministère de l'Intérieur.

, publié le lundi 11 mai 2020 à 17h55

Dans son rapport publié lundi 11 mai, le "monsieur déconfinement" du gouvernement appelle à préserver la "réversibilité des mesures" en cas de résurgence de l'épidémie de coronavirus.

Après huit semaines de confinement, la France se remet progressivement en état de marche lundi 11 mai avec la réouverture progressive des écoles et des commerces. "On va devoir vivre avec le virus pendant quelque temps et la levée du confinement ce n'est pas la reprise de la vie comme avant", a néanmoins averti le ministre de la Santé Olivier Véran sur BFMTV.




"Un reconfinement en urgence doit être anticipé", a de son côté prévenu Jean Castex dans son rapport sur le déconfinement publié lundi. "En l'absence, à brève échéance, de vaccin ou de solution curative, la population française demeure vulnérable à une reprise de l'épidémie", souligne dans un document de 68 pages le haut-fonctionnaire chargé par le Premier ministre de coordonner la stratégie du déconfinement. Les "effets" d'un tel regain "seraient particulièrement dommageables pour une société déjà éprouvée et, plus particulièrement, pour le personnel soignant", prévient encore M.

Castex. 

La vigilance reste de mise

Dans ce rapport, le maire de Prades (Pyrénées-Orientales) insiste sur le "niveau très élevé de vigilance" qui doit être observé dans cette première étape du déconfinement. "La possibilité d'une réversibilité des mesures doit ainsi toujours pouvoir être offerte et l'éventualité d'un reconfinement en urgence doit rester dans les esprits et être anticipée par les pouvoirs publics", exhorte-t-il. 

Par exemple, M. Castex recommande un "désarmement" très "progressif" des lits de réanimation à l'hôpital, dont la capacité avait été augmentée durant la crise. Et leur réouverture doit pouvoir s'effectuer "très rapidement (dans des délais de 24, 48 ou 72 heures selon les lits) pour faire face à un nouvel afflux de patients". "Une attention particulière devra être également apportée aux ressources humaines dans un contexte de fatigue des personnels hospitaliers, en particulier dans les régions les plus affectées par la crise", avertit encore M. Castex.

De même, si les déplacements sont de nouveau permis dans certaines conditions, "les préfets pourront rétablir localement des limitations" à tout moment. En cas de reconfinement, M. Castex appelle d'ores et déjà à "prévoir des dispositifs d'accompagnement sociaux et économiques de la nature de ceux mis en place durant la période de confinement", mais aussi à "mieux prévenir les risques psycho-sociaux du confinement, aujourd'hui mieux connus".

Nouveaux clusters

Dans les zones dites "vertes", c'est-à-dire où le risque de contagion est supposé être moins élevé, "il faut considérer que le virus est là. Il est en embuscade, il circule", a averti dimanche le Pr Anne-Claude Crémieux, infectiologue à l'hôpital Saint-Louis à Paris. Et ce après la découverte de deux foyers épidémiques dans des départements -Dordogne et Vienne- de la région de Nouvelle-Aquitaine, dans le sud-ouest, tandis qu'un troisième a ensuite été mis  au jour en Vendée, dans l'ouest.

"Chacun doit faire un effort pour que le virus ne circule pas par lui", a-t-elle ajouté sur la chaîne de radio-télévision Franceinfo, insistant sur le respect des mesures barrières afin d'empêcher un nouveau sursaut de cette maladie qui a fait perdre la vie à près de 26.400 personnes en France depuis le 1er mars.

"On n'est pas à l'abri d'un reconfinement si les règles ne sont pas respectées", a pour sa part mis en garde Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France, très touchée par le virus.
 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.