Un rapport du Sénat souligne l'état de dégradation du patrimoine immobilier de l'armée

Un rapport du Sénat souligne l'état de dégradation du patrimoine immobilier de l'armée
Des années de coupes budgétaires ont entraîné un ralentissement de l'entretien des infrastructures du ministère de l'armée.

Orange avec AFP, publié le jeudi 20 juillet 2017 à 11h45

Fuites non réparées, insalubrité ou soldats logés dans des préfabriqués... Un rapport de la commission des Finances du Sénat pointe le mauvais état du patrimoine immobilier de l'armée française après des années de coups budgétaires.

Ce rapport, révélé jeudi 20 juillet par Le Parisien, dénonce des bâtiments "extrêmement dégradés".


L'armée française détient l'un des plus importants patrimoines immobiliers de l'État, grâce à ses casernes et bases disséminées sur tout le territoire, rappelle Le Parisien, qui évoque une surface de près de 275.000 ha et une valeur de plus de 16 milliards d'euros. Cependant, derrière ces chiffres flatteurs, la réalité est bien sombre. Selon le rapport, le patrimoine immobilier de l'armée, et plus particulièrement les logements, sont "extrêmement dégradés, voire proches de l'insalubrité". Il cite en exemple la base aérienne d'Orléans, où plusieurs bâtiments sont inutilisables en raison de leur insalubrité résultant d'un défaut de maintenance régulière."

DES CRÉDITS POURTANT EN HAUSSE

Une partie des dortoirs du lycée militaire d'Autun, en Saône-et-Loire, sont dans la même situation. Ils ne correspondent plus "aux standards actuels de confort", soulignent les sénateurs. Ces derniers dénoncent le fait que "les infrastructures des armées ont longtemps été , sinon le parent pauvre, tout du moins une variable d'ajustement budgétaire du ministère des Armées." Pourtant, les crédits alloués à l'immobilier du ministère ont progressé de 12% depuis 2008. Pour illustrer la situation, le rapport évoque la situation de la base de Toulon, dans le Var. Les fuites d'eau y coûtent 2 millions d'euros par an, tandis que la rénovation des installations coûterait 60 millions d'euros. Ils ne permettraient "de rentabiliser l'opération qu'à l'issue d'une période de trente ans". L'armée a donc préféré laisser la situation en l'état.

PLUS ASSEZ DE LOGEMENTS POUR LES SOLDATS

Pire, le ministère ne dispose plus d'assez de bâtiments pour loger ses soldats, notamment à cause des attentats de janvier 2015, qui ont repoussé les baisses d'effectifs. "Ces moindres déflations de postes sont à l'origine de besoins en infrastructures (hébergement, restauration, équipements sportifs...) qui n'ont pas été pris en compte dans la loi de programmation militaire", alors que le ministère a dû vendre une partie de son patrimoine pour faire face aux coupes. En conséquence, "il n'existe plus assez de casernes pour héberger les militaires dans les grandes agglomérations, alors même que la menace s'exerce en milieu urbain", précise le rapport. Les soldats sont logés loin du site de leur affectation, dans des bâtiments vétustes ou des logements en préfabriqué, ce qui a "un impact très défavorable sur le moral".

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