Un professeur sous escorte policière pour avoir pris la défense de Samuel Paty

Un professeur sous escorte policière pour avoir pris la défense de Samuel Paty
Le professeur Samuel Paty a été assassiné le 16 octobre 2020 par un terroriste islamiste.

, publié le lundi 08 février 2021 à 13h50

Professeur à Trappes, Didier Lemaire avait publié après la mort de son collègue une lettre ouverte dans L'Obs dans laquelle il lançait un appel à la résistance face à la menace islamiste. Des propos qui lui valent aujourd'hui d'être la cible de propos haineux et de menaces.

Professeur de philosophie à Trappes (Yvelines) depuis 20 ans, Didier Lemaire s'est exprimé à plusieurs reprises dans les médias après l'assassinat de Samuel Paty par un terroriste islamiste le 16 octobre pour avoir montré une caricature de Mahomet en cours.

Il a notamment publié une lettre ouverte dans L'Obs le 1er novembre, à la veille de la rentrée scolaire. 



"Professeur de philosophie à Trappes depuis vingt ans, j'ai été témoin de la progression d'une emprise communautaire toujours plus forte sur les consciences et sur les corps", écrivait-il dans cette tribune intitulée "Comment pallier l'absence de stratégie de l'Etat pour vaincre l'islamisme". 

Une prise de position qui lui vaut aujourd'hui d'être la cible de propos haineux et de menaces. A tel point qu'il aujourd'hui accompagné d'une escorte policière pour entrer et sortir de son établissement. "Aujourd'hui, je suis accompagné au lycée par des policiers armés qui suivent mon véhicule", a-t-il expliqué dimanche 7 février à BFMTV. "Je sais que le lycée est également protégé, parfois de façon visible parfois de façon invisible", a-t-il ajouté.

"Après l'assassinat de Samuel Paty, la ville de Trappes était en ébullition. Une partie de mes élèves, du corps enseignant, du personnel du lycée n'a pas toujours bien compris cette lettre. Je suis passé pour quelqu'un de haineux, raciste", a-t-il déploré. "En classe, certains de mes élèves, une classe entière, m'ont demandé à la rentrée pourquoi j'avais écrit une lettre 'contre eux'. Je leur ai expliqué que c'était pour eux et non contre eux", a-t-il poursuivi. 

"Sur les réseaux sociaux, il y a eu une ébullition. Moi je ne suis pas sur les réseaux sociaux, donc aucun ne m'a été adressé personnellement. C'est le commandant de police qui m'a prévenu, il m'a dit que des propos haineux circulaient, je ne sais pas s'il y a des menaces de mort contre ma personne, mais on m'a accusé d'être raciste, islamophobe, d'extrême droite. Ce sont des menaces de mort indirectes par ces calomnies", a développé l'enseignant, qui assure que son établissement l'a toujours soutenu. 

"Je crois que je suis contraint de jeter l'éponge"

"La situation a été prise très au sérieux", a par ailleurs réagi L'Académie de Versailles, rapporte franceinfo"Didier Lemaire a été reçu par la direction des ressources humaines de l'académie afin d'échanger avec lui sur sa situation et de lui laisser la possibilité, s'il le souhaite, d'envisager un changement d'établissement", a assuré l'Académie de Versailles. "Dans ce cadre, il sera de nouveau reçu dans les prochains jours."

"Je n'ai pas peur, n'ai pas envie non plus de jeter l'éponge. Je suis passionné par mon métier. J'aime enseigner la philosophie à Trappes. Mais je crois que je suis contraint de jeter l'éponge", a notamment déploré Didier Lemaire lundi matin sur Sud Radio. "Plus je m'expose, plus ma sécurité est en jeu. Cela me semble vraiment très difficile. Je pars vraiment à regret. J'aimerais finir mon année bien protégé, mais il semble que même cela va être difficile. Je constate que la République a failli à Trappes. Il faut bien l'admettre aujourd'hui", a-t-il poursuivi.

Didier Lemaire est engagé depuis plusieurs années contre l'islamisme. En 2018, il avait notamment envoyé une lettre au président de la République Emmanuel Macron pour lui demander d'agir de toute urgence afin de protéger ses élèves de la pression idéologique et sociale qui s'exerce sur eux.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.