Un procès aux assises ordonné contre le jihadiste "repenti" Kevin Guiavarch et ses quatre femmes

Un procès aux assises ordonné contre le jihadiste "repenti" Kevin Guiavarch et ses quatre femmes
Deux juges antiterroristes parisiens ont ordonné un procès aux assises pour Kevin Guiavarch, pionnier du jihad de 28 ans accusé d'avoir combattu en Syrie au sein du groupe Etat islamique (EI) dont il se dit "repenti" ...

publié le lundi 14 juin 2021 à 15h50

Deux juges antiterroristes parisiens ont ordonné un procès aux assises pour Kevin Guiavarch, pionnier du jihad de 28 ans accusé d'avoir combattu en Syrie au sein du groupe Etat islamique (EI) dont il se dit désormais "repenti", et pour ses quatre épouses, a appris l'AFP lundi de source judiciaire.

Les cinq personnes, qui avaient quitté la Syrie en compagnie de leurs six enfants en juin 2016 pour se rendre aux autorités turques, sont principalement accusées d'"association de malfaiteurs en vue de commettre des crimes" terroristes, selon l'ordonnance des juges du 12 mai consultée par l'AFP.

Kevin Guiavarch est une figure du jihadisme français : il s'est envolé fin 2012 vers la Syrie avec son épouse Salma O., un an et demi avant que le groupe EI ne proclame le califat et deux ans avant le début de la vague d'attentats meurtriers en France.

Après quelques temps au sein d'une unité des rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL), il rejoint en juin 2013 le groupe EI au sein duquel il est accusé d'avoir "combattu". A Raqqa, il côtoie les futurs auteurs des attentats du 13 novembre 2015.

Avec son épouse, ils recrutent plusieurs autres femmes qui les rejoignent sur zone, parfois avec leurs enfants, et dont certaines deviennent ses épouses.

Rapidement, ils assurent ressentir des doutes quant à l'EI, et finissent, après plusieurs tentatives, par parvenir à quitter la Syrie en juin 2016, avec six enfants.

Après quatre ans d'enquête, les magistrats disent aujourd'hui de Kevin Guiavarch que "la réécriture complaisante a posteriori de son propre parcours" devant eux lors d'interrogatoires, "concernant aussi bien la nature de son activité sur zone que la période à laquelle il aurait pris ses distances avec (l'EI), ne met pas en échec l'évidence et les preuves de son engagement jihadiste dans la durée".

Les avocats des épouses et le parquet national antiterroriste (Pnat) ont fait, pour des motifs différents, appel de l'ordonnance de renvoi aux assises.

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