Un policier sur quatre est confronté "à des pensées suicidaires", selon la Mutuelle des forces de sécurité

Un policier sur quatre est confronté "à des pensées suicidaires", selon la Mutuelle des forces de sécurité©DENIS CHARLET / AFP

publié le lundi 07 juin 2021 à 09h20

Selon la MGP, "plus de 1.100 policiers se sont suicidés" ces 25 dernières années, soit, en moyenne, 44 par an.

La Mutuelle des forces de sécurité (MGP) s'inquiète de la santé psychologique des policiers. Selon son dernier baromètre, révélé lundi 7 juin par franceinfo et Le Monde, "un quart des policiers" sont confrontés "à des pensées suicidaires". L'organisme, qui a interrogé plus de 6.000 agents entre février et mars, indique que ces 25 dernières années, "plus de 1.100 policiers se sont suicidés", soit, en moyenne, 44 suicides par an. C'est 50% de plus que le reste de la population. 



D'après l'étude de la MGP, "40% des policiers sont en détresse psychologique", 24% ont envisagé de se suicider ou ont entendu des collègues vouloir le faire au cours des 12 derniers mois. Les plus jeunes professionnels, c'est-à-dire ceux qui ont entre 30 et 34 ans, sont les plus touchés.

Parmi les causes de cette souffrance sont notamment citées : un manque de temps pour accomplir ses tâches, des difficultés à jongler entre vie privée et vie professionnelle ou encore les tensions avec la population. Mais la moitié des policiers confrontés à des pensées suicidaires mettent surtout en avant leurs mauvaises conditions de travail, que ce soit au niveau des relations avec les collègues ou avec leur hiérarchie.

Selon le baromètre de la Mutuelle des forces de sécurité, la santé mentale des policiers est ainsi nettement "corrélée aux conditions d'exercice du travail et à l'environnement professionnel". Car les policiers français sont par ailleurs en plutôt bonne santé : ils font plus de sport, fument et boivent moins que l'ensemble des Français, même s'ils souffrent d'hypertension (24%) et de problème de dos (21%) lié au poids de l'équipement.



Le président de la MGP, Benoît Briatte, estime que l'état de santé psychologique des policiers doit devenir une "priorité". Il souhaite encourager et faciliter l'accès "aux consultations psychologiques", ainsi que les actions de prévention dans les commissariats pour améliorer leur bien-être au travail et donc leur santé psychologique.
 

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