Un homme qui s'est fait passer pour le neveu de Brigitte Macron devant la justice

Un homme qui s'est fait passer pour le neveu de Brigitte Macron devant la justice
La Première dame Brigitte Macron à l'Élysée, en novembre 2017.

publié le mardi 26 octobre 2021 à 21h45

Il souhaitait obtenir des accueils VIP ou des prestations de luxe, il est jugé pour usurpation d'identité, tentatives d'escroquerie et escroquerie.

Attiré par "le statut, le prestige, les privilèges", un homme s'est fait passer pour le neveu de Brigitte Macron pour obtenir des accueils VIP ou des prestations de luxe. Âgé de 35 ans, ce "faux neveu" comparaissait mardi 26 octobre devant le tribunal correctionnel de Paris, pour usurpation d'identité, tentatives d'escroquerie, escroquerie, en récidive légale puisqu'il avait été condamné pour des faits similaires en septembre 2014. 

Il écrivait au nom de Pierre-Olivier Costa, directeur de cabinet de la Première dame, ou de Patrick Strzoda, directeur de cabinet du président, à partir d'une fausse adresse mail dircab@presidence-française.fr, créé au printemps 2018. Et demandait, soi-disant pour le compte du neveu de la Première dame, des prestations spécifiques : un accueil VIP dans un hôtel de luxe au Maroc, des places pour un grand prix de Formule 1 à Melbourne ou encore une carte Club 2000 auprès d'Air France...

La plupart des tentatives de l'homme ont échoué, à la suite de vérifications mises en oeuvre par les sociétés ciblées. Seuls l'ambassade de France au Bangladesh et l'hôtel hong-kongais Hupper House n'ont pas débusqué la supercherie.

Se présentant comme le neveu de Brigitte Macron, le prévenu a ainsi pu visiter un camp de réfugiés rohingyas, s'entretenir avec l'ambassadrice elle-même et bénéficier, quelques jours plus tard, d'un surclassement dans l'hôtel de luxe situé à Hong-Kong.



Face au tribunal mardi, le prévenu a reconnu être attiré par "le statut, le prestige, les privilèges". Il réfute avoir agi "pour l'argent" ou "pour faire du tort". "Pendant mon enfance, le mensonge faisait partie du quotidien. J'ai fugué à 17 ans et j'ai commencé à m'inventer un scénario de vie pour créer une sorte de distorsion par rapport à ma vie d'avant", a-t-il précisé. Le "faux neveu" de Brigitte Macron avait préalablement expliqué aux enquêteurs que "tout cela procédait de (sa) mythomanie et de (sa) difficulté à rester dans sa vie." 

Une complice est également jugée. Elle est accusée d'avoir utilisé des fausses adresses mail pour obtenir vêtements de luxe, surclassements hôteliers, ou même le prêt d'une voiture électrique Tesla censée être destinée à la Première dame. Cette dernière tentative d'escroquerie lui a valu d'être arrêtée le 2 mai 2018.  

A propos de cette complice, le prévenu a assuré qu'"elle avait un carnet d'adresse, ce qui pouvait faciliter l'approche", mais qu'ils n'avaient "pas les mêmes appétences sur les finalités". "Je me suis toujours présentée sous ma véritable identité. Jamais je n'ai pensé que c'était une usurpation d'identité", s'est de son coté défendue la jeune femme, âgée de 29 ans. "Pour moi, c'était comme si quelqu'un se présentait en boite de nuit en prétendant être le neveu de Brigitte Macron. Ce n'était pas grave", a-t-elle poursuivi.

L'enquête a montré que le prévenu s'était aussi parfois présenté - à sa complice ou aux enquêteurs - comme un journaliste infiltré, utilisant des fausses adresses pour dénoncer les "privilèges et passe-droits d'un système". Devant le tribunal, il a reconnu "une supercherie".

L'audience doit se poursuivre mercredi.

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