Un cheminot poursuit la SNCF en justice pour... retourner au travail

Un cheminot poursuit la SNCF en justice pour... retourner au travail©Panoramic

, publié le mercredi 04 novembre 2020 à 19h40

Sans affectation depuis cinq ans, un cheminot de la SNCF est devant la justice pour retrouver le droit d'aller travailler. La bataille avec son employeur est féroce, comme le détaille Le Parisien.

L'affaire est fort heureusement plutôt singulière.

En ces temps de confinement, beaucoup ne peuvent plus travailler. Pour Tiemokho Touré, 44 ans, c'est également le cas, mais depuis bien plus longtemps. Ce cheminot est depuis cinq ans « confiné » chez lui, et littéralement payé à ne rien faire. Mais il ne cesse de clamer sa volonté d'aller au travail. Ce mercredi 4 novembre, il était avec son avocat, Me Marc Montagnier, devant le conseil des prud'hommes de Bobigny pour attaquer en justice son employeur, la SNCF, rapporte Le Parisien. Car depuis 2015, il n'a aucune affectation.



Une affectation à la gare de Lyon

Cité par le quotidien, son avocat témoigne : « Nous avons tous connu un premier confinement. C'était dur. M. Touré, ça fait cinq ans qu'il le vit. Il est payé avec votre argent à rester chez lui, alors qu'il veut travailler. » La situation paraît improbable, mais ses racines sont anciennes. Entre 2007 et 2010, Tiemokho Touré a été victime d'insultes et de comportements racistes répétés de la part de certains collègues. Il est resté pendant quatre ans en arrêt maladie à la suite de ce harcèlement. En 2012, un accord a été trouvé avec l'entreprise. « Je me suis engagé à ne pas aller en justice en échange d'une revalorisation de ma situation et d'un soutien pour que je puisse reprendre le travail. Mais ils n'ont pas tenu leur promesse », explique le principal intéressé qui a 22 ans d'expérience.

De son côté, la SNCF se défend et rétorque que « les agents ont été affectés provisoirement dans un autre service ». Le préjudice aurait par ailleurs été reconnu en 2009, ce qui a mené à une transaction de 45 000 euros. « La SNCF n'a eu de cesse de lui faire des propositions pour reprendre le travail mais cela ne satisfait jamais M. Touré », déclare l'avocate de la société ferroviaire, Me Zoé Rival. Le cheminot souhaite être affecté à la gare de Lyon comme contrôleur de train, « les postes les plus prestigieux et les plus demandés par les agents », avance la SNCF qui met aussi en avant « le risque de croiser de nouveau ses harceleurs de la gare d'Austerlitz ». L'avocat de M. Touré explique que son client « souhaite être affecté comme contrôleur, pas à l'accueil des voyageurs. Il a l'impression d'être un colis encombrant que l'on fait exploser pour s'en débarrasser ». Ce dernier, qui est aussi en conseil de discipline pour « absence injustifiée », réclame également 180 000 euros. Il prévient : « Sans tout cela, je devrais être cadre. Je ne lâche pas l'affaire. »

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