"Vous étiez notre humanité": Strasbourg honore les victimes du marché de Noël

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Cérémonie hommage aux victimes de l'attentat du marché de Noël de Strasbourg, il y a un an, le 11 décembre 2019 à Strasbourg
Cérémonie hommage aux victimes de l'attentat du marché de Noël de Strasbourg, il y a un an, le 11 décembre 2019 à Strasbourg
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© AFP, PATRICK HERTZOG

, publié le mercredi 11 décembre 2019 à 22h35

"Vous étiez un peu de notre humanité": un an jour pour jour après l'attaque, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a rendu hommage mercredi aux cinq victimes de l'attentat du marché de Noël de Strasbourg, lors d'une journée de célébrations qui s'est achevée par une émouvante cérémonie œcuménique.

"Il y a un an, la haine a frappé" et des "innocents ont été fauchés" par "l'intégrisme et la barbarie", a lancé le ministre lors d'une cérémonie tenue sous une pluie battante place de la République, près du centre historique où Cherif Chekatt, un délinquant multirécidiviste fiché pour radicalisation islamiste, avait conduit son équipée meurtrière le 11 décembre 2018.

"Vous étiez un peu de notre humanité", "vous aviez tous les âges et vous veniez des quatre coins du monde", a poursuivi M. Castaner, avant de rendre hommage à chacun des cinq morts de l'attentat.

Antonio Megalizzi, 29 ans, journaliste italien qui avait "l'Europe au cœur"; Kamal Naghchband, 45 ans, qui avait fui "la guerre et l'obscurantisme en Afghanistan"; "Bartek", Strasbourgeois d'origine polonaise de 36 ans, "musicien brillant et touche-à-tout génial"; Anupong Suebsamarn, touriste thaïlandais de 45 ans qui avait "choisi Strasbourg pour connaître notre pays"; et Pascal Verdenne, retraité de 61 ans, "visage de l'humanisme et de la bienveillance".

- "Humanité" -

"Le 11 décembre ne sera jamais la date de la haine, elle sera la date du souvenir, du souvenir des valeurs, des passions et des combats (de ces) cinq hommes", a assuré le ministre, se disant "fier que la joie ait à nouveau envahi les travées du marché du Noël de Strasbourg", qui tient sa 450e édition, un an après l'attentat.

Durant cette cérémonie, un chêne "arbre de la vie" a également été planté et une stèle inaugurée.

M. Castaner a ensuite rencontré les victimes à la préfecture, à huis clos, avant de décorer de la Légion d'honneur et de l'Ordre du mérite, également à huis clos, sept des policiers intervenus lors de ces événements.

Il a ensuite remis la Médaille de la sécurité intérieure à 55 autres intervenants, policiers, gendarmes, militaires ou secouristes.

Autre moment fort de cette journée à laquelle les familles des victimes avaient été associées, une cérémonie œcuménique et multiculturelle est venue clore cette journée de célébration en rassemblant en début de soirée environ 900 personnes en la cathédrale de Strasbourg.

Rythmée par des chants arabo-andalous, yiddish, bouddhistes ou gospels, par des prises de paroles et des lectures, cette cérémonie de deux heures entendait saluer, dans leur diversité, la mémoire des cinq victimes.

"Il y a un an jour pour jour, ma vie a chancelé", a témoigné le chauffeur du taxi brièvement "pris en otage" par Cherif Chekatt juste après l'attentat. L'assaillant l'avait forcé à le conduire dans un quartier de Strasbourg où Cherif Chekatt allait finalement être abattu par des policiers, deux jours plus tard.

"Aujourd'hui, je refuse que ma religion, mes valeurs soient prises en otage par le terrorisme", a expliqué ce musulman d'origine marocaine, dont l'identité n'a pas été précisée. "Aujourd'hui, je ne suis ni musulman, ni marocain, ni français : je suis un être humain. Et c'est cette humanité qui nous fait nous ressembler", a-t-il ajouté.

A 19H45 précises, l'heure de l'attentat, et pendant quinze longues minutes, toutes les églises de la capitale alsacienne et des communes avoisinantes ont également fait sonner leurs cloches.

- Bougies -

La ville avait également invité les Strasbourgeois à mettre des bougies à leurs fenêtres.

Le 11 décembre 2018, Chérif Chekatt, 29 ans, avait tué cinq personnes et en avait blessé une dizaine d'autres dans le centre de Strasbourg, armé d'un couteau et d'un revolver.

Après deux jours de traque et d'angoisse pour les Strasbourgeois, il avait été abattu par une patrouille de police.

Cherif Chekatt avait prêté allégeance à l'organisation jihadiste État islamique (EI). Il avait échappé le matin même de l'attaque à un coup de filet dans une affaire de vol à main armée.

Depuis l'attentat, cinq personnes ont été mises en examen, soupçonnées d'être liées à la fourniture des armes en possession du tueur.

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